
Situées pour la majorité entre le 80e et 150e rang mondial, les joueuses se battent pour le titre du Montreux Nestlé Open qui sera décerné ce dimanche. Ici, la Suissesse, Sebastianna Scilipoti (597e rang). | A. Capel
Sur les rives montreusiennes ce dimanche, l’ambiance était calme et bucolique. À quelques pas pourtant, changement d’ambiance. Sous un soleil de plomb, ça bataillait ferme sur les courts de tennis. Et pour cause,
les joueuses disputaient les qualifications du Montreux Nestlé Open.
En début d’après-midi, la Zurichoise Jenny Dürst (25 ans, 434e mondiale) a poussé un immense cri de joie en forme de soulagement, après sa victoire en trois sets acharnés contre la Tessinoise Susan Bandecchi (26 ans, 277e mondiale). «J’étais très nerveuse au début, puis je me suis libérée», lance la sportive tout sourire en sortant du court.
Pour Jenny, après six ans chez les pros, il s’agit de son premier succès sur le circuit WTA, réunissant les tournois les plus prestigieux du monde. Andrea, sa maman qui l’accompagne partout, à la fois coach, sparring-partner et physiothérapeute, a été la première à la féliciter. «Je fais tout ce que je peux pour aider Jenny et ce n’est pas facile tous les jours. Aujourd’hui, ça fait vraiment du bien.» Malgré les galères des fins de mois difficiles, Jenny continue à croire en son rêve: participer un jour à un tournoi du Grand Chelem.
Unique tournoi professionnel en Suisse
À Montreux, on est bien sûr loin des fastes et des millions de l’US Open, tournoi qui a d’ailleurs lieu en même temps cette semaine à New York. Il n’empêche, à l’occasion de sa 8e édition, le tournoi a franchi un cap en étant estampillé WTA 125 pour la première fois, à la grande satisfaction de Yannick Fattebert, codirecteur du Montreux Nestlé Open depuis ses débuts il y a sept ans. «Nous sommes connus pour notre sérieux, notre bonne organisation et nos prestations de qualité. La WTA nous a approchés et nous aurions dû débuter en 2025, puis la date a été avancée, lâche l’actuel codirecteur et ancien coach de Wawrinka. «Notre tournoi devient de plus en plus professionnel, mais reste très familial.»
Lausanne et Lugano ayant disparu du calendrier, Montreux est désormais le seul tournoi WTA dans le pays. Conséquence de cette montée en grade? Le budget est passé de 600’000 francs à plus de 800’000 francs grâce au soutien d’une trentaine de sponsors. «Sans oublier la Ville et le Canton, précise Yannick Fattebert. Nous aimerions passer à plus d’un million pour les prochaines éditions.»
Dimanche après-midi, Rosy Canavese, de l’ATP Genève, faisait ses dernières recommandations à son escouade de ramasseurs de balle – soit une cinquantaine de filles et de garçons de 10 à 16 ans venus des quatre coins de la Suisse romande. «Quand vous remettez la balle, veillez à ce qu’elle roule bien au ras du court!»
Rampe de lancement professionnelle
Promouvoir les stars de demain reste la vocation du tournoi, même s’il est monté en grade. Meilleur argument à cet égard, la double victoire en 2018 de l’actuelle numéro un mondiale, la Polonaise Iga Swiatek, alors qu’elle n’avait que 17 ans. Yannick Fattebert en garde un excellent souvenir. «On sentait qu’elle avait quelque chose en plus et un énorme potentiel devant elle.»
Pour ce tournoi, les 32 qualifiées pour le tableau principal sont en majorité classées entre le 80e et le 150e rang mondial. Tête de série, l’Argentine Maria Lourdes Carle est 83e au classement mondial. Les Françaises Océane Dodin (86) et Chloé Paquet (97) la suivent de près. «Plusieurs joueuses comme elles nous ont rejoints après leur élimination à l’US Open», se réjouit Yannick Fattebert.
Cette année la vainqueure empochera près de 8’000 francs et 96 points points ATP. Une joueuse éliminée au 1er tour se contentera, elle, de 600 francs et d’un seul petit point WTA.
