
Malgré la coupe importante chez Nestlé, les autorités communales restent confiantes. | C. Dervey – 24heures
Vevey, siège mondial de Nestlé et de Nespresso. «Tout en conservant le secret fiscal, on peut facilement déduire que Nestlé a une portée majeure sur les finances de la Commune», abonde le conseiller communal PLR Patrick Bertschy
Alors que jeudi dernier, le tout nouveau directeur général de Nestlé, Philippe Navratil, annonçait la suppression de 16’000 postes de travail à travers le monde d’ici à deux ans, les répercussions locales restent difficiles à cerner à ce stade. Pour le conseiller communal Décroissance alternatives Pierre Chiffelle, «il n’y a pas de raison de peindre le diable sur la muraille à ce stade».
Cette suppression serait d’ailleurs «favorable» aux finances communales: «Cette économie de 3 milliards d’ici à 2027 doit permettre à la société de faire davantage de bénéfices. C’est un jeu peu louable du capitalisme cynique», conclut cet ancien conseiller d’État vaudois.
À noter qu’après cette annonce, l’indice de Nestlé a bondi en Bourse. Le titre s’est effectivement envolé de plus de 7% jeudi matin à Zurich, porté par la nouvelle stratégie du CEO Philipp Navratil, selon l’AGEFI.
Effets sur le budget de Vevey
À la suite de cette annonce, les autorités veveysannes préfèrent temporiser. «Le but de Nestlé est d’augmenter sa rentabilité, ce qui devrait augmenter ses bénéfices, donc ses impôts, réagit le vice-syndic Pascal Molliat (Vevey Libre). Les potentielles coupes dans les emplois locaux en revanche feraient baisser les impôts des personnes physiques. À ce stade, nous ne nous attendons donc pas à un impact significatif pour nos finances.»
Si Vevey a pu compter sur une agréable surprise l’an dernier au moment de faire ses comptes, avec un apport de 10 millions émanant de l’impôt sur les personnes morales, les discussions autour du budget 2026 s’annoncent tendues. «La Municipalité doit trouver une meilleure efficience dans la gestion courante du budget et de ses investissements, car les revenus des personnes morales s’annoncent incertains, déclare Patrick Bertschy, membre de la Commission des finances. Nous allons devoir faire un effort collectif pour trouver ensemble des solutions.»
La Tour-de-Peilz dans l’expectative
Avec le siège de Nestlé Suisse sur son territoire, l’entreprise est l’un des plus grands contribuables de La Tour-de-Peilz. La commune loge en outre un nombre important de salariés de la multinationale. «C’est surtout à ce niveau que l’on peut se faire du souci, poursuit le municipal boéland chargé des finances, Jean-Pierre Schwab (Le Centre). Ce qui est bon pour les chiffres de la société ne l’est pas forcément pour les employés. Les effets vont se diluer sur ces trois prochaines années.»
Concernant les effets des mesures d’économie, le vice-syndic de La Tour-de-Peilz, Alessio Grutta (PLR) se veut aussi rassurant, même s’il «est prématuré de se prononcer». «Le Canton envisage de réduire en 2026 et 2027 la part que tirent les Communes de l’impôt sur les gains immobiliers, à titre de contribution de solidarité des Communes envers l’État.» Réponse le 17 décembre à ce propos, jour de l’adoption définitive du budget du Canton.
Pas d’impact sur les sociétés locales
Soutien important de la culture et du sport dans la région via son programme «Nestlé Community», à l’image du Festival Septembre Musical, du Théâtre Le Reflet ou du Vevey Sports (section juniors), la multinationale continuera à apporter sa contribution.
«Nestlé restera implantée sur la Riviera, où nous avons des engagements auprès des communautés locales. Il n’y a pas de raison que cela change.» Porte-parole de l’entreprise, Chiara Valsangiacomo rappelle qu’il s’agit ici d’une restructuration des effectifs, à l’échelle mondiale. «Elle affectera chaque marché d’une manière différente. Nous nous appuierons, bien sûr, sur la rotation naturelle du personnel et sur la retraite anticipée, dans la mesure du possible.»
