Nouvel élan pour le sentier lacustre

Les plans d’un sentier lacustre entre les Bains de la Becque et Portail-Blanc ont été adoptés par le Conseil communal. Un préavis sera soumis ultérieurement.  | N. Desarzens

La Tour-de-Peilz
Plus de 20 ans après une pétition demandant l’accès des rives aux piétons, une nouvelle mouture a passé la rampe du Conseil communal.

«On espère que cette fois, c’est la bonne!» Cette phrase enthousiaste du socialiste Jean-Yves Schmidhauser, glissée en fin de séance du Conseil communal mercredi dernier, ponctue «une victoire d’étape». Soit l’adoption du projet de création d’un cheminement piétonnier le long des rives du lac entre les Bains de la Becque et Portail-Blanc, ainsi que la levée des oppositions.

Avec 9 abstentions, l’assemblée délibérante a accepté à une large majorité le nouveau projet de sentier lacustre. La preuve que cette décision était attendue: le public est venu en nombre ce soir-là, dont de nombreux initiants de la première heure.

Pour rappel, l’origine de ce cheminement piétonnier émane d’une initiative populaire demandant l’ouverture des rives du lac aux piétons, entre la Pointe de la Becque et la plage de la Maladaire. Le 28 novembre 2010, le scrutin est accepté par près de 55% de la population boélande. 

Mais le dossier s’enlise. Après le dépôt d’un tracé sur le secteur ouest auprès du Canton en 2021 – soit «le tiers du tracé total», déplore l’Association Rives du Lac – le Tribunal cantonal rend un arrêt en 2023, annulant les décisions du Canton pour vices de forme et lui demande de statuer à nouveau avant la poursuite du projet.

Procédure encore en cours

En 2023, à la suite de cet arrêt, le Canton et la Commune – sous l’égide de la municipale Elise Kaiser – prennent de nouvelles décisions concernant ce tronçon «ouest». Un projet de renaturation des berges y est intégré. «Non seulement cette amélioration est un atout pour la biodiversité, mais elle résout la plupart des griefs des opposants, qui étaient basés sur l’impact environnemental du premier projet», relève l’élue verte. À noter que la renaturation des rives sera par ailleurs financée en très grande partie par le Canton, puisque le tracé se situe sur le domaine public cantonal.

«Cette nouvelle version du sentier a été faite dans les règles de l’art», réagit Geneviève Pasche. Présidente de l’Association Rives du Lac depuis dix ans, la Boélande s’attend toutefois à la résistance des opposants. «Certains propriétaires vont évidemment avoir quelque chose à redire et vont vouloir tirer la procédure en longueur.»

Si quelques oppositions ont toutefois été retirées lors de séances de conciliations, «certains opposants ont néanmoins refusé de participer, n’y voyant aucune utilité», renseigne le préavis en question. «Les opposants ont annoncé leur volonté d’aller jusqu’au Tribunal fédéral», confirme Elise Kaiser. L’un des avocats des recourants n’entend d’ailleurs pas commenter la décision du Conseil communal, ni évoquer l’intention de ses clients.

L’ombre d’un référendum

Les tractations s’annoncent virulentes, car le sujet divise la classe politique. Si aucune opposition n’a été émise mercredi dernier dans les rangs des différents partis, certaines rumeurs accusent le camp bourgeois de temporiser pour mieux saboter le projet lorsqu’un crédit d’étude sera articulé.

Contacté, le président du PLR de La Tour-de-Peilz dit avoir accepté la levée des oppositions «par respect démocratique», mais confirme attendre le préavis final avec les montants d’investissements définitifs. «Les coûts nous inquiètent, déclare Guy Chervet. Il n’est pas impossible qu’il y ait un référendum spontané à ce moment-là, afin que l’assemblée de Commune puisse donner son avis.»