
Matthieu Mantanus, chef d’orchestre, pianiste et compositeur. | C. Castelnuovo
Le nom du concert nous en ferait presque douter: avec «This is (no) Mozart», aura-t-on droit, le 3 avril à Lausanne (Espace Amaretto), le 4 au Château d’Aigle et le 10 à Genève (Théâtre Les Salons), à la quarantième symphonie en sol mineur du génie autrichien? Totalement, selon Matthieu Mantanus co-fondateur en 2022 des Amis de la Musique d’Aigle et du Chablais (AMAC), mais en changeant de regard et de perspective. «Nous ne changeons en rien l’œuvre du passé, nous changeons tout ce qui se trouve autour.»
Via le collectif «Shaping Sound» (qui signifie «modeler le son»), l’AMAC s’amuse en effet à «briser les codes habituels du classique et construire des ponts entre passé et présent». Une démarche qui a séduit la Ville d’Aigle, dont le soutien actif permet désormais à l’association, et pour la première fois, de proposer son spectacle hors du Chablais.
ozart, un artiste intemporel
De quoi s’agit-il concrètement? Premièrement, d’allier sonorités classiques et sons électroniques. Entre chacun des quatre mouvements de la symphonie interprétés par un ensemble de neuf instruments, il s’en glissera un autre mêlant classique et sonorités digitales. «Dans un contexte contemporain et décapant», le résultat veut démontrer «l’intemporalité et la modernité du grand compositeur autrichien», ajoute Matthieu Mantanus. En somme, le contexte change, le génie de Mozart, non.
Deuxième originalité, le public sera appelé à bouger. L’artiste visuel Philippe Berbier, aiglon d’adoption et cofondateur du Shaping Sound Collective, a choisi une série de dessins en noir et blanc, réalisés à l’encre de Chine, qui symbolisent le parcours artistique. À l’Espace Amaretto et au Château d’Aigle, les images seront projetées, en transparence, au milieu de l’Ensemble en action, et le public pourra tourner autour en cherchant le meilleur angle. «Nous avons fait le choix de ne pas imposer un point de vue, ou d’écoute», complète Philippe Berbier.
Le collectif n’en est pas à sa première production du genre et a même éprouvé son concept en Italie, où Matthieu Mantanus a vécu pendant 23 ans. Après deux décennies de carrière très classique, il change de cap. À son premier disque «BachBox» en 2018 succèdent plusieurs œuvres du Shaping Sound Collective: «Baroque Reloaded» (2019), «Sound of Elements» (en 2000, en revisitant Debussy), «Nocturnes Électroniques» (dédié à Chopin, 2022), «Wolfgang’s Dream» (2023) et «BreakBachDance» (2024).
www.amisdelamusique.ch/billetterie (Aigle) et www.monbillet.ch (Lausanne)
«This is (no) Mozart», 3, 4 et 10 avril à Lausanne, Aigle et Genève. 35 francs.
