
« On a sauté de joie avec cette qualif » | DR
Nadia Constantin, à 28 ans, cette qualification est-elle le moment le plus fort de votre carrière ?
– Oui, vraiment. Au niveau émotionnel, c’est une consécration. On savait qu’on avait une mini chance dans ce groupe assez ouvert, mais c’est historique!
Vous aviez démarré ces éliminatoires par deux défaites. L’arrivée du nouvel entraîneur François Gomez a-t-elle tout changé ?
– Lui et son staff ont su nous redonner confiance, avec un discours très positif. Il n’a cessé de nous répéter: «Je crois en vous, je suis sûr à 100% qu’on va passer.» Et après avoir créé la surprise en battant le leader du groupe, le Monténégro, nous avons balayé la Bosnie-Herzégovine 87-39 lors de la dernière journée.
Vous avez passé par tous les états d’âme avant d’obtenir le sésame…
– Après le match, nous avons mangé une pizza toutes ensemble à la salle à Aarau en suivant les résultats des autres groupes. Quand le Portugal a gagné en nous devançant parmi les autres meilleures deuxièmes, on s’est dit: «On a tout donné, mais c’est foutu…» Les autres filles sont reparties chez elles très déçues, mais avec notre capitaine Evita Herminjard, nous sommes restées à l’hôtel. Et puis vers 22 heures, grâce à l’incroyable remontée des Autrichiennes contre les Croates dans un autre groupe, nous avons finalement devancé ces dernières au goal average. On a hurlé de bonheur, car on venait de décrocher le dernier ticket pour l’Euro. On a ensuite appelé toutes les autres. C’est juste dommage que nous n’ayons pas vécu ce moment toutes ensemble en direct.
Près de la moitié des membres de l’équipe évoluent aujourd’hui à l’étranger. Est-ce la clé du succès ?
– Oui, les filles partent de plus en plus jeunes et dans de grands championnats, comme le français ou l’italien. Stéphanie Martinez, qui a inscrit 20 points face à la Bosnie-Herzégovine, joue par exemple en Espagne alors qu’elle a tout juste 20 ans.
Le tirage au sort pour la phase finale sera le 8 mars. Que pouvez-vous espérer dans ce Championnat d’Europe ?
– Sur le papier, des équipes comme la France, l’Italie, la Belgique et la Turquie paraissent inaccessibles. Mais nous avons bien battu le Monténégro qui nous devance de 30 rangs au classement européen. Rien n’est impossible, on l’a prouvé et on jouera sans pression.
