«On ne veut pas aller de l’avant sans les paroissiens»

Le pasteur et les diacres du Chablais vaudois, de g à d.: Didier Heller, Hélène Denebourg et Pierre Alain Mischler.  | E. Dottrens

Église protestante
La réforme «Église 29», entamée il y a une année, pousse les paroisses à l’introspection. Pour trois églises chablaisiennes, cet avenir se dessine de concert avec les fidèles.

À quoi ressemblera l’Église vaudoise en 2029? Cette question, l’Église Évangélique Réformée du canton de Vaud (EERV) se la pose depuis plusieurs mois. C’est dans cette optique que le projet «Église 29» a justement été lancé l’an dernier. Objectif: rendre l’Église plus proche et plus dynamique, afin de mieux transmettre la parole.

Cette réforme ne sera pas sans conséquence pour les paroisses, même s’il est encore trop tôt pour connaître le tracé exact de la métamorphose. Pour Pierre Alain Mischler, Hélène Denebourg et Didier Heller, respectivement diacres et pasteur aux paroisses des Ormonts-Leysin, de Villeneuve-Haut-Lac et d’Aigle-Yvorne-Corbeyrier, la collaboration est une évidence.

Adaptation nécessaire

«Dans cette région du monde, l’Église réformée est en perte de vitesse. C’est pourquoi elle doit s’adapter et nous en sommes tous conscients, explique le diacre Pierre Alain Mischler. Je pense que toutes les paroisses ont compris qu’il faut fusionner des structures, se marier entre différents lieux de culte, tout en gardant nos spécificités et nos espaces de vie. Cette réforme, telle que proposée, permet ça.»

Un sentiment partagé par sa collègue la diacre Hélène Denebourg. «Nous essayons d’intégrer au maximum les paroissiens dans le processus. La prochaine étape sera en octobre, où les assemblées de paroisses seront sollicitées pour donner leur avis. On ne veut pas aller de l’avant sans les paroissiens.»

Réflexion collective

Les paroisses du Chablais vaudois collaborent d’ailleurs déjà depuis plusieurs années. Déjà rassemblées en «pôle», les paroisses de Villeneuve-Haut Lac, Aigle-Yvorne-Corbeyrier, et Ormonts-Leysin s’allient pour certains cultes et services funèbres, ainsi que pour leur cursus de catéchisme. «Les collaborations se sont intensifiées ces dernières années à différents niveaux, il y a donc une habitude à collaborer sur certains terrains. L’idée, c’est surtout de rendre ces aides tangibles», poursuit Pierre Alain Mischler. «Notre région marche bien. Quelles que soient les prochaines décisions, ça ne peut que bien se passer», abonde Didier Heller.

Difficile aujourd’hui de savoir à quoi ressemblera la réforme sous sa forme finale. Mais une envie commune lie les trois paroisses de la région, si ce n’est pas celles de tout le canton. «L’Église reste un lieu de liens, les gens se soutiennent, et c’est réjouissant, souligne le diacre des Ormonts-Leysin. Oui, il faut réformer l’Église, mais elle se vit surtout dans les liens entre les personnes. Je me réjouis parce que les paroissiens sont associés.»

Dans le courant de l’été, des rencontres seront organisées pour permettre aux fidèles de partager quelques moments et discuter de l’avenir. Le 25 juin, une soirée apéritif et discussion aura lieu à la salle de paroisse d’Aigle, et le 13 juillet, c’est aux Mosses que la rencontre aura lieu, après le culte.