Pierre Chastellain claironne plus que jamais à 77 ans

Pierre Chastellain a vécu une carrière de chanteur en deux temps: dix ans après avoir fini ses études et depuis la retraite. Il revient avec une nouvelle tournée. | DR

Chanson française
Le Montheysan d’adoption ne chôme pas depuis la retraite. Sa nouvelle tournée romande, «Trompettes de la renommée», démarre le 13 septembre.

Son nom ne parlera probablement pas à la nouvelle génération, lui qui évoque ses quatre vinyles 33 tours et son best of sur CD. Pourtant, au fil de plusieurs tournées dans la francophonie, jusqu’au Québec et en Afrique, Pierre Chastellain s’est fait un petit nom auprès des fans romands de chanson française d’antan.
Du haut de ses 77 ans, le Genevois de naissance, Vaudois de cœur et Valaisan d’adoption, donne tout sauf l’air de vouloir lever le pied. Il s’apprête d’ailleurs à démarrer une nouvelle série de concerts de Montreux à Yverdon, en passant, entre autres, par Cully et Orbe, mais en commençant par Monthey le 13 septembre, dans «son» Chablais valaisan, lui qui habite un peu plus haut aux Giettes: «Trompettes de la renommée», des coups de coeur dans le répertoire de la chanson française.

Les copains et la chanson d’abord
À la retraite, l’auteur-compositeur, qui vénère parmi d’autres Ferré, Nougaro, Barbara et Brassens, a décidé de remettre ça et d’amorcer le deuxième volet d’une carrière artistique vécue en deux temps sur cinq décennies.
Le premier chapitre date de 1973, soit deux ans après le terme de ses études d’ingénieur à l’EPFL, avec spécialisation dans le domaine de la mobilité. «À l’époque, je chantais et gratouillais déjà sur ma guitare, mais je faisais tout de manière inaboutie, que ce soit dans mon métier ou en tant que chanteur. Je me suis donc résolu à choisir. Et comme je suis un peu zinzin, j’ai choisi la chanson.»
Pierre Chastellain passe alors professionnel et monte sur scène en Suisse et à travers le monde, d’abord en solo, en reprenant des tubes de ses modèles, puis avec des partenaires et ses propres créations. Ses chansons sont tantôt «rigolotes», tantôt «poético-contestataires», comme les qualifie ce militant pour les droits de l’homme et objecteur de conscience qui séjourna quelques nuits à la prison de Bochuz.
Seulement voilà, une décennie à vivre son rêve y suffit (du moins le croit-il alors). «De nouveaux chanteurs sont apparus: Renaud, Souchon, Jonasz,… J’adorais ce qu’ils faisaient, mais je n’étais pas capable de créer dans leur style. J’ai réalisé que je commençais à tourner en rond. J’ai fait une dernière tournée et je suis revenu à mon métier d’ingénieur.»
35 ans durant, il ne chante donc plus et voyage pour son travail, avec une parenthèse de cinq ans en Thaïlande où il suit l’amour de sa vie, active dans le textile et fascinée du Sud-Est Asiatique. Annette, avec qui il a rénové une ancienne ferme près d’Oron et fondé une famille, l’accompagne toujours, 52 ans après leur rencontre.
Mais Pierre Chastellain a la corde artistique qui le démange et le voilà qui remet ça dès sa retraite à 67 ans. Après un peu de figuration à l’Opéra de Lausanne, il écrit le scénario de la comédie musicale «La Riviera prend son temps au pays des merveilles», qui fait le plein une quinzaine de fois au théâtre du Pré-aux-Moines, à Cossonay. «30 musiciens, 10 danseurs et 5 comédiens, dont moi. Ce furent des soirées inoubliables!»
Il cite aussi le spectacle réalisé avec son ami Claude Ogiz, en hommage à Pierre Louki et proposé dans une vingtaine de théâtres, et une tournée avec deux musiciens: «En crinoline ou en blue-jeans».

Brassens et les autres
Au moment d’évoquer celle à venir, il entonne quelques airs, dont son tube «Dans les jardins du monde», le seul de son cru qu’il interprétera. «L’originalité de ces concerts est que sur les cinq musiciens, il y aura quatre cuivres. J’ai choisi les chansons en conséquence. Il y aura du Georges Brassens, d’où l’allusion aux «Trompettes de la renommée». Avec lui, je me sens de la même école, même si je me situe 20 étages en dessous! Il y aura aussi du Claude Nougaro, Boris Vian, Alain Souchon… Brel et Ferré, par contre, je n’ai jamais osé.»
D’ici à fin novembre, la joyeuse équipe foulera les planches dans neuf petits théâtres romands. Première étape au Petit Théâtre de la Vièze le 13 septembre, à Monthey, dans ce Chablais valaisan où le couple Chastellain a eu un coup de foudre il y a quatre ans: «Une population chaleureuse, des rues vivantes, nous avons été charmés.»

trompettes-de-la-renommee.ch