Plongée dans l’alimentation mondiale

L’artiste Kirell Benzi a réalisé une galaxie de données qui rend compte de l’alimentation mondiale.   | Alimentarium

Vevey
L’Alimentarium étoffe son exposition permanente, avec une immersion numérique dans les aliments – et leurs origines – qui composent les assiettes du monde entier.

«La Galaxie du goût. De la biosphère à l’assiette»: une nouvelle installation vient de se greffer à la scénographie de «Systema Alimentarium. Vers une grande révolution alimentaire?» Son but: transformer notre perception des liens complexes qui unissent nos aliments à la biodiversité et à nos cultures culinaires.
C’est le «data-artist» français Kirell Benzi qui a été chargé de la développer. Pour y parvenir, il a compilé plusieurs centaines de données sur les composants des aliments que nous consommons sur Terre. Comme il est impossible de recenser la totalité des recettes et des plats du monde, il a fallu choisir. Ainsi, ce sont environ 600 plats, desserts et boissons qui ont été retenus. Ils proviennent de 12 régions, censées couvrir la totalité du globe, des Caraïbes à l’Asie du Sud, en passant par l’Afrique subsaharienne.
Mais pour rendre ces lignes de données au format «tableau Excel» plus digeste, le chercheur de l’EPFL a mis en place un outil numérique. À l’aide d’une souris, on peut sélectionner un plat au hasard venant de telle ou telle région. Ce plat est ensuite disséqué en trois parties. C’est le fameux triptyque.
Sur la gauche de ce triptyque, il y a un arbre schématique composé de quelque 1’200 taxons (ndlr: le taxon est une façon d’organiser la diversité du vivant en plusieurs catégories). Chaque aliment a ainsi sa propre identité taxonomique.
Au centre, une sphère dynamique présente les différents taxons pour chaque plat et les liens entre les aliments dans un ensemble d’étoiles. C’est ici que le terme de «galaxie» prend tout son sens.
Enfin à droite, les 600 plats sont générés par une intelligence artificielle (IA). L’idée? Éveiller la curiosité du visiteur. «Voir qu’il y a des recettes dans d’autres pays qui utilisent d’autres ingrédients, cela nous permet d’ouvrir notre champ des possibles, explique Kirell Benzi. Par exemple, savoir qu’il y a beaucoup de plats végétariens à base de tofu ou d’algues, des ingrédients qui sont moins utilisés en Europe.»
En bref, il s’agit là d’une installation à la fois ludique et pédagogique qui invite à se plonger dans l’univers de l’alimentation mondiale.

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