Pluie d’oppositions et de critiques à Leysin

Comme l’avaient annoncé les milieux écologistes il y a un mois, la mise à l’enquête des canons à neige de Leysin et aux Mosses s’est heurtée à plus de 500 oppositions..  | DR-TLML

Tourisme
Le projet d’enneigement mécanique se heurte à plus de 500 oppositions et l’État tape sur les doigts d’élus et acteurs touristiques sur leur gestion du conflit d’intérêts.

Arrivée à son terme, la mise à l’enquête de 175 enneigeurs pour compléter le dispositif à Leysin et doter Les Mosses de canons à neige s’est soldée par une avalanche d’oppositions, comme en 2023 lors de la première tentative. «Un peu plus de 500 oppositions nous sont parvenues», précise Jean-Jacques Bonvin, secrétaire municipal de Leysin. L’administration d’Ormont-Dessous en dénombre 26, toutes individuelles.

Près de la moitié sont le résultat des efforts du collectif «Non aux canons à neige», dont l’argumentaire et le système pour composer son opposition facilement en ligne ont fait mouche. Carine Landolt, membre, dit en avoir déposé 231 à Leysin.

À l’instar des associations écologistes, le collectif continue de qualifier le projet «d’absurdité» climatique, écologique et économique. Le projet n’aurait par ailleurs pas changé par rapport à la première version, «en plus de faire passer des kilomètres de conduites en zone de hauts-marais protégés».

Les remontées mécaniques considèrent au contraire avoir passablement revu leur copie pour arriver à un compromis et jugent ce projet vital pour garantir l’activité économique sur le territoire et financer l’actuelle transition vers un tourisme durable quatre saisons.

Pro Natura Vaud n’en rejette pas moins le projet sur le fond en invoquant ses conséquences sur l’environnement et rappelle qu’elle avait, de longue date, conditionné son appui au démantèlement de certains aménagements aux Mosses dans le cadre du PAC 292, plan cantonal lié aux marais protégés. «Or, rien n’a été fait pour l’heure», assène le secrétaire général Alberto Mocchi.

Mélange des genres
Pour ne rien arranger, une deuxième volée de bois vert a été administrée sur un autre volet touristique par la Cour des comptes, à la suite de «plusieurs signalements indiquant des liens potentiellement problématiques entre des membres des autorités de la Commune de Leysin et des sociétés locales ayant des intérêts directs dans le développement touristique». Dans le viseur: la Commune de Leysin, les remontées mécaniques TLML SA (Télé Leysin-Les Mosses-La Lécherette), l’association communale Leysin Outdoor et l’organisme de développement économique régional Chablais Région.

Ces signalements pointent du doigt des dossiers approuvés par la Municipalité et le Conseil communal pour un montant de plus de 7,5 millions de francs et incluant un financement cantonal et fédéral de près de 1 million.

Plusieurs élus (dont le syndic Jean-Marc Udriot, par ailleurs président de TLML) et des représentants de parties prenantes auraient manqué de se récuser lors de certains votes, comme le prévoient la Loi sur les communes et le cadre légal d’octroi de subventions.

La Cour réclame des garde-fous et recommande «d’établir une procédure de récusation et d’instaurer un registre des intérêts», ce que la Municipalité de Leysin annonce avoir mis en place en novembre 2025.