
Le postulat de la socialiste Jessica Jaccoud (qui a quitté l’hémicycle depuis le dépôt du texte) a été accepté à une très large majorité au début du mois. Il était signé d’une trentaine d’élus de tous bords politiques. Le Montreusien Romain Pilloud (PS) explique les enjeux.
Romain Pilloud, qu’entend-on par bornes cyclistes?
– Le principe, très répandu en France et dans d’autres pays, est celui des bornes qui permettent de suivre les tracés du Tour de France notamment. Elles indiquent où on se situe, le nombre de km qu’il reste jusqu’au sommet, etc. Pour les cyclistes, c’est important. Nous demandons la mise en place d’une telle signalétique, mais aussi d’une stratégie cyclotouristique globale pour le canton.
Quel avantage aurait une telle stratégie?
– Un projet est censé démarrer dans les Alpes vaudoises, mais il n’y a pas de cols que dans les Alpes. Le risque est de manquer de coordination et d’oublier certains endroits, comme le Jura. Par ailleurs, une vision globale permettrait une signalétique commune à tous et non, au contraire, des visuels disparates un peu partout. Et nous ne parlons pas que de bornes…
De quoi d’autre alors?
– Si je fais une analogie, lorsque vous venez en voiture dans le canton, vous voulez savoir où trouver des hôtels, une place de parc, des activités, etc. C’est pareil pour les cyclistes, qui veulent connaître les infrastructures où pratiquer, où loger, où être accueillis selon leurs besoins spécifiques. Si on veut promouvoir cette forme de tourisme doux et très intéressant pour les milieux économiques, il faut des informations centralisées.
Le marché du vélo est-il si prometteur que ça?
– En Suisse, c’est une pratique qui prend de l’ampleur. Avec le boom des vélos électriques, il ne se limite plus qu’aux initiés et il pourrait se développer d’autant. Quand on voit l’impact sur les nuitées, les restaurants, les commerces, on parle d’un potentiel énorme. Une étude l’a chiffré à 3 milliards de retombées annuelles en Suisse.
Et qui dit vélo, dit durabilité.
– Absolument. Dans une vision quatre saisons du tourisme, le vélo est un maillon essentiel. Une partie des 50 millions de francs prévus par le Canton pour les projets durables peuvent en outre lui profiter. C’est une autre raison de travailler en collaboration avec les associations de promotion régionale.
Pour l’heure, le réseau devra toutefois être passablement adapté…
– Vaud est en effet un canton où il y a encore peu de cyclistes, proportionnellement à d’autres. Un grand frein est l’aspect sécuritaire des infrastructures. Il faudra penser la vision cantonale sur cet axe-là aussi.
