«Pour Montreux, c’est le chantier du siècle»

Les différents corps de métiers sont à pied d’œuvre. Ils ont encore une année pour boucler ce chantier majeur pour la Ville, mais aussi pour toute une région.  | L. Barthélémy

Centre de Congrès
À une année de la remise des clés, la Commune lève le voile sur les avancées des travaux. Le vaisseau amiral de la culture régionale veut briller plus que jamais.

Sur le site, le ballet des perceuses, truelles et autres outils de chantier ne laisse aucune place au doute, tout comme la fourmilière d’ouvriers qui s’appliquent à la tâche. La course contre la montre est en marche, afin de pouvoir avoir un écrin fin prêt pour l’été 2026. Le Montreux Jazz Festival doit être le premier à retrouver l’Auditorium Stravinski pour son édition anniversaire des 60 ans.

«Nous sommes dans les temps avec cet objectif en vue. L’enveloppe budgétaire sera aussi respectée», avançait Jean-Baptiste Piemontesi, municipal montreusien chargé de l’économie, du tourisme et de la culture, lors d’une conférence de presse organisée intra-muros jeudi dernier, douze mois avant la fin prévue des travaux du chantier. «Le chantier du siècle pour Montreux», renchérissait son syndic, Olivier Gfeller. 

Le retard pris à cause de la faillite d’un prestataire mandaté pour la livraison des parois vitrées l’automne dernier a-t-il donc pu être comblé? «Il y a eu un décalage de plusieurs mois dans notre planification. Nous aurons donc moins de marge que prévu, mais la réouverture est toujours prévue fin juin 2026», assurait Jean-Baptiste Piemontesi.

«Pas un centime de plus»

Devisé préalablement à 78 millions de francs, «le coût total prévu aujourd’hui avoisine les 97 millions», selon l’édile, qui préside également CCM SA, la société en main de la Commune qui assure la gestion du 2m2c. «Les Montreusiens ne paieront pas un centime de plus pour ce projet ambitieux», a-t-il encore promis.

Cette différence provient de l’apport supplémentaire du crédit cadre cantonal au profit des infrastructures 4 saisons avec une optique de développement durable pour le tourisme régional (7 millions), ainsi que d’un prêt fédéral (12 millions).

Aux travaux concernant la rénovation de l’enveloppe extérieure, ainsi que les mises aux normes énergétiques, antisismiques et incendies, se sont ainsi ajoutés le doublement de la surface de panneaux solaires, le remplacement de monoblocs et diverses installations techniques.

Au niveau des autres améliorations principales, les enjeux centraux concernent surtout l’amélioration des accès et la fluidification des flux de visiteurs entre les niveaux. «Les nouveaux escaliers à l’intérieur seront plus larges, plusieurs nouveaux ascenseurs ont été posés, et surtout, il y aura des entrées distinctes tout autour du bâtiment, soulignait le chef de service des bâtiments, Gian-Franco Sentinelli. Cela nous donnera la possibilité d’organiser cinq événements simultanés et également d’évacuer rapidement jusqu’à 4’000 personnes en 15 minutes en cas de besoin. C’est un vrai plus pour la sécurité.»

Une modularité qui séduit

Dans le dédale du Centre de Congrès, les pièces sont encore à l’état brut, les fils électriques apparents, les murs dans l’attente d’un coup de peinture. Restent encore de longs mois de chantier. Mais certaines pièces se démarquent déjà comme un «espace Henri Nestlé» créé sur le côté sud du bâtiment. Ce dernier est prévu pour des conférences et des séminaires, avec des portes coulissantes, ainsi qu’une grande terrasse avec vue sur le Léman.

On souffle encore l’idée d’un restaurant à l’année. «C’est en pleine réflexion, confirme Jean-Baptiste Piemontesi. Cela nous permettrait aussi d’amener du monde en dehors de la haute saison.»

Malgré l’attente pour disposer des possibilités qu’offrira le nouveau complexe, tous les acteurs et partenaires présents ce jour étaient optimistes, à l’instar de Pierre Smets, administrateur de la Saison Culturelle de Montreux. «On a enchaîné avec le Covid et cette fermeture qui s’est prolongée jusqu’à l’été prochain. Mais ça nous a forcés à innover pour continuer à capter notre public pendant cette période. Avec ce nouvel écrin modulable, les acteurs culturels reviendront encore plus forts et sont très enthousiastes. On trépigne d’impatience et on avance. Pour preuve, on programme déjà notre saison 26-27!»

Nestlé comme partenaire privé principal

Après la visite de chantier, la conférence de presse nouait le nouveau partenariat signé via une convention avec la multinationale agroalimentaire. Nestlé soutient le projet de rénovation avec un crédit de 3 millions de francs et un engagement sur 30 ans sur les différents événements, notamment culturels, via son programme «Nestlé Cares for Communities». «Depuis plus de 50 ans, cet endroit a vu passé d’innombrables artistes emblématiques. C’est un point de rencontres qui a un rayonnement international, soulignait son directeur général, Paul Bulcke. Avec notre programme philanthropique, notre but est d’enrichir la vie communautaire en soutenant la culture et le sport. Nous sommes enracinés dans cette terre, non loin d’où tout a commencé avec Henri Nestlé.»

De g. à dr.: Olivier Gfeller, Paul Bulcke, Isabelle Moret et Jean-Baptiste Piemontesi  | D. Maldonaldo

Qu’est-il prévu pour les sociétés locales ?

Interpellé à la fin de cette conférence, Jean-Baptise Piemontesi a assuré que les sociétés locales ne seront pas oubliées. «Nous avons prévu une salle modulable spécialement pour elles qui pourra accueillir 300 personnes. 1,5 million de francs sont réservés pour son aménagement.» Le municipal de la culture a encore avancé qu’une «politique commerciale pour faciliter l’accès au 2m2c aux sociétés locales sera également prévue».