
Martine Mercier présidente Patchwork du Léman. | Patchwork du Léman
«C’est une ambiance, une harmonie, la camaraderie. C’est aussi faire des connaissances. Grâce à ce hobby, j’ai entre autres perfectionné mon anglais», s’enthousiasme Marie-France Caillet-Bois, l’une des fondatrices du Patchwork du Léman en 1984. Si elle n’exposera pas cette année à Blonay, la comptable retraitée de Val-d’Illiez espère bien continuer à récupérer les chutes de tissus et à les coudre encore longtemps. «J’ai carrément mobilisé une pièce, vu que les enfants sont partis», rigole la septuagénaire.
La présidente du club, Martine Mercier, se réjouit aussi de ce bel anniversaire durant lequel les couturières présenteront des œuvres – 3 maximum par membre – autour du thème «40».
Des dix personnes présentes à la création du club, il en reste 8. L’initiatrice du projet, Elisabeth Baumann, est décédée l’an passé. «Actuellement, nous avons 40 membres actifs et une vingtaine de passives qui ont entre 50 et plus de 90 ans, signale Martine Mercier, nurse à la retraite. Le club a été créé à Blonay, mais il draine des dames de Neuchâtel, de Fribourg et du Valais.» Et des messieurs? «Il y en a un en Valais…»
Quand elle s’est inscrite dans les années 1980, Marie-France Caillet-Bois avait 33 ans et élevait ses enfants. «Au début, on avait toutes la trentaine. On avait peu d’autres offres d’activités, il faut le dire. Il y avait de nombreuses Américaines qui travaillaient chez Nestlé. J’ai beaucoup appris sur l’histoire du patchwork et les motifs traditionnels. Les premiers ouvrages étaient confectionnés avec des sacs de riz ou de blé. On en faisait des couvertures, des couvre-lits. Maintenant, on est plutôt dans l’art-textile.»
Et la relève?
La Gimelane Martine Mercier avait quant à elle 60 ans lorsqu’elle a intégré le club en 2008. Pourtant, elle pratiquait depuis des années seule cette activité découverte en Amérique du Nord. «J’y ai vécu quelque temps, pris des cours, et l’engouement est resté.»
Mais les troupes de couturières vieillissent. Parce que c’est ringard? «Ça l’est, sourit Martine Mercier. Mais je pense plutôt que les femmes d’aujourd’hui n’ont plus le temps. Venir deux fois par mois à Blonay, c’est difficile.» Marie-France Caillet-Bois ajoute: «Bien sûr que c’est rétro! Mais on fait des choses incroyables avec des filets d’orange, des emballages en plastique. Du contemporain! On devrait pouvoir sensibiliser tout le monde avec l’aspect récupération. Regardez Kevin Germanier, c’est un styliste valaisan devenu à la mode parce qu’il a osé! Pourquoi ne pas envisager une relève dynamique dans le patchwork?»
Aula du collège de Bahyse, du 17 au 26 octobre, vernissage le 17 à 18h. Horaires: 14-18h du lundi au vendredi, 10-17h samedi-dimanche.
