
La future école spécialisée se greffera au collège des Prés-Clos, formant une cour intérieure. Les couloirs seront assez larges pour la circulation de fauteuils roulants. | Dima Images
Le village ne compte pas 2’000 habitants, et pourtant il s’apprête à accueillir une institution publique pionnière à l’échelle cantonale, et même nationale. Soit le premier collège mêlant école spécialisée pour enfants avec déficiences mentales et/ou physiques, accolée à l’école publique déjà existante, le collège des Prés-Clos.
Une quarantaine d’élèves rejoindront ainsi les quelque 200 écoliers déjà scolarisés dans l’établissement. Depuis le début de ce projet nommé DUO, l’intention est claire: créer une infrastructure unie, et non pas deux institutions séparées. «On souhaite créer une circulation fluide et des espaces partagés qui favorisent les échanges entre tous les élèves. L’idée, c’est d’avoir un ensemble scolaire», explique Aurélie Tulot, syndique de Roche. «Il s’agit de créer une identité commune», précise Alban Résin, directeur de la Fondation Dr. Combe, chargée du projet. «On ne met pas ces enfants au fond d’une zone industrielle, en vase clos. Ils ont besoin d’évoluer avec d’autres, tout en bénéficiant d’une attention particulière», renchérit la syndique.
Régionaliser une école inclusive
Si le projet est aujourd’hui dirigé par la Fondation Dr. Combe, l’école DUO a d’abord été portée par la Fondation de Verdeil, alors dirigée par l’ancien municipal rotzéran Cédric Blanc, aujourd’hui directeur de l’école vaudoise.
Subventionnée par le Canton, la Fondation Dr. Combe a «pour but de créer et d’exploiter des structures pour enfants, adolescents et adultes avec déficience motrice avec ou sans handicap associé». L’institution dispose déjà d’une école spécialisée à Lausanne, à proximité du CHUV. Mais le bâtiment nécessite des rénovations conséquentes dans les années à venir.
L’implantation d’un nouveau site à Roche tombe donc à point nommé pour la fondation, qui souhaite «élargir son action», souligne Alban Résin. D’autant que la proximité avec l’Hôpital Riviera-Chablais constitue un atout de taille. «Certains élèves de la fondation doivent faire actuellement beaucoup de déplacements. C’est important de régionaliser», soutient Aurélie Tulot. Environ 10% de leurs élèves primaires sont chablaisiens.
Construire pour favoriser l’intégration
À la suite d’un concours d’architecture, le projet lauréat vient d’être fraîchement sélectionné. C’est le bureau lausannois STUDIO4 qui a convaincu le jury par sa capacité à traduire l’esprit du projet. «Ils ont réellement compris ce qu’on essayait de faire. Une seule école avec une entrée et une cour commune», se réjouit le directeur de la fondation.
L’extension prendra ainsi la forme d’un «C», venant compléter la structure actuelle du collège, afin de former un carré avec une cour intérieure. Pour permettre cette connexion, certaines parties du bâtiment existant devront être modifiées. «On a choisi de prendre un risque en touchant à l’existant, et heureusement, ça a plu!», confie Elena Blanchaert, architecte associée à STUDIO4. En plus des salles de classes, des espaces de soins et de thérapie seront intégrés pour permettre aux professionnels de la santé d’intervenir directement sur place. L’extension abritera également une Unité d’accueil pour écoliers (UAPE). Un besoin crucial pour la commune, qui accueille actuellement les petits dans des pavillons modulaires.
Consciente que ce projet pourrait susciter des inquiétudes chez certains parents, la fondation tient à rassurer. «On vise certes à répondre aux besoins de nos élèves, mais aussi des autres. Les écoliers du public ne seront en aucun cas prétérités et la prestation scolaire ne sera pas dévalorisée», assure Alban Résin. Le projet sera prochainement mis à l’enquête publique. Si les oppositions ne font pas barrage, la rentrée est prévue pour 2028.
