Romain Derivaz : « Ça va être chaud jusqu’à la fin »

Journée particulière pour Romain Derivaz. Samedi dernier, il jouait son 300e match pour la première équipe du FC Monthey.  | B. Monnard

Football
Battu par les M21 du FC Sion, Monthey n’a pas encore assuré son maintien en 1re ligue. De quoi inquiéter son emblématique capitaine.

Fidèle au FC Monthey depuis 15 ans, Romain Derivaz a joué samedi contre les M21 du FC Sion son 300e match avec la Une. Fêté comme il se doit avant le coup d’envoi, il a reçu plein de cadeaux: un maillot arborant ce chiffre magique, des bouteilles, des livres, un beau bouquet. «Merci Romain, tu es une inspiration pour nos jeunes, tu es une légende!», lui a lancé le speaker. «J’avais 17 ans, pas encore le permis et 15 kilos de moins quand j’ai joué mon premier match contre Colombier en 2e ligue. J’en ai vu passer des joueurs, des présidents», sourit Romain (32 ans) géomètre à Vevey. 

Samedi, il espérait que cet anniversaire coïncide avec une victoire. Elle aurait permis à son équipe de s’éloigner de la zone dangereuse. Or, c’est le contraire qui s’est produit: Monthey s’est incliné contre des jeunes Sédunois nettement supérieurs et reste menacé par la relégation, même avec sept points d’avance sur Coffrane à six journées de la fin.

Capitaine et stoppeur, Romain Derivaz ne cache pas son inquiétude. «Il va falloir faire au moins six points et on va jouer contre d’autres relégables comme La Sarraz, Coffrane et Yverdon M21, ça va être chaud jusqu’à la fin à mon avis.» 

Monologue sédunois

Dans ce match, Monthey encaisse le premier but après dix minutes à peine sur une bévue de son gardien Steve Saffioti qui a pris un ballon entre ses jambes. Peinant à revenir et à se créer des occasions, on a ensuite mieux compris pourquoi Monthey est si mal classé cette saison. Trop de déchets, de balles perdues, un manque de percussion en attaque. 

Au milieu de terrain, Nolan Berdayes et Thierry Diatta sont de bons techniciens, mais ils jouent de manière trop individuelle, oubliant leurs coéquipiers, s’emmêlant les pinceaux. Monthey a pourtant réussi à égaliser peu avant la mi-temps grâce à une belle frappe de Stéphane Rauti.  

Mais ce sursaut d’orgueil n’a pas duré. La deuxième mi-temps n’a été qu’un long monologue des M21 du FC Sion, à la jouerie très fluide et le 1-2, qu’on pressentait, est tombé à la 80e minute.

Sûr dans ses interventions et précis dans la relance, Romain Derivaz passe finalement à l’autre extrémité du terrain, se transformant en avant-centre. «Au début de ma carrière, je jouais ailier gauche puis plus les années ont passé et plus j’ai reculé dans l’équipe, mais j’ai gardé mon âme d’attaquant», glisse-t-il à la fin de la rencontre. Cela n’a pourtant pas suffi. Sion a inscrit le 1-3 à la 87e sur un penalty consécutif à un tacle violent d’un défenseur montheysan. «Avec la rage du désespoir!», s’est même exclamé un supporter.  

À la recherche de la sérénité 

Romain Derivaz est très déçu de la tournure qu’a pris ce championnat. «Nous ne nous sommes jamais remis d’un départ raté en ne remportant, ce qui est révélateur, aucune victoire à l’extérieur. On se crée trop peu d’occasions», confiait-il à l’heure des interviews.

Julio Tejeda, le président, ressent la même frustration. «On voulait être dans les six premiers cette saison et c’est loin d’être le cas… Mais je ne remets pas en cause notre entraîneur Lucien Dénervaud. Nous avons eu beaucoup de blessés au premier tour, cela n’excuse toutefois pas tout.» L’ancien directeur sportif espère ne pas revivre les mêmes tourments lors du prochain exercice. «Ce championnat, nous l’avons passé à regarder derrière nous, ce qui est fatigant à la longue. À Monthey, nous avons toujours misé sur des joueurs de la région. Mais il faudra désormais trouver des renforts, même si nous devons faire avec nos moyens, l’un des plus petits budgets de la ligue. J’aspire vraiment à plus de calme à l’avenir», poursuit le président. 

Et quid de l’emblématique capitaine? Romain Derivaz rempilera-t-il pour une 16e saison consécutive? «Avec les années, ça devient de plus en plus dur», lâche-t-il, sans se prononcer davantage.