
Le futur bâtiment, qui devrait être mis en service courant 2026, permettra à Satom d’être aux normes en termes de traitement des cendres volatiles et de ses eaux. | Satom SAPhoto
Certains mouvements interpellent depuis quelques jours aux abords du bâtiment de traitement régional des déchets Satom, à Monthey, et pour cause. Les travaux de construction d’un nouveau bâtiment ont débuté et le chantier est de taille. La société, dont l’actionnariat est détenu par les Cantons de Vaud et Valais et de quelque 80 Communes de la région, entend ainsi se mettre en conformité avec les normes cantonales et fédérales. Elle a théoriquement jusqu’au 1er janvier 2026 pour le faire. Objectif numéro un: améliorer le traitement de ses eaux et des cendres volantes résultant de la combustion de déchets afin d’en extraire des métaux. Son nom, suggestif: LAVACID.
Une méthode éprouvée
Le futur bâtiment, qui semble sorti tout droit d’un univers de science-fiction, 40 mètres de long pour 20 de haut, coûtera 45 millions, dont «seulement» 8 pour le bâtiment et 20 pour les équipements. Il sera terminé à l’automne, avec mise en service en mars-avril 2026, selon la planification.
Dès lors, il permettra de traiter quelque 8’000 tonnes de cendres volantes par an et de récupérer de manière optimale, selon un procédé éprouvé dans d’autres usines de Suisse, les métaux qui y sont contenus et qui ne peuvent être brûlés, car trop légers et volatils, comme le zinc, le cuivre, le mercure ou encore le plomb.
«Actuellement, les métaux récupérés partent en décharge de type C, explique Samuel Claret, responsable des Services techniques à Satom et membre du comité de direction. On parle essentiellement de zinc, avec quelque 300 tonnes annuelles, du métal qui pourra être recyclé.»
Entre deux et quatre personnes, à engager, seront affectées au nouveau bâtiment. «Le but étant de rendre la combustion la plus propre possible et les eaux les plus neutres possibles avant de les remettre dans le Rhône.» Le seuil incompressible de déchets tirés des cendres partira en décharge de type D.
Effort à l’échelle romande
Les nouveaux équipements de Satom permettront également de combler un manque en Suisse romande, où le déficit de capacité de traitement de cendres volatiles se situe entre 10’000 et 12’000 tonnes annuelles. Sur les 8’000 tonnes qui seront traitées à Monthey, 4’700 résulteront de la combustion à l’interne de l’usine chablaisienne, tandis que le solde viendra d’autres usines ne pouvant les prendre en charge.
Le bâtiment LAVACID figure en bonne place dans les priorités de Satom, en attendant la suite. Sur la liste des tâches: la rénovation du bâtiment du pont du Rhône comme nouveau lieu d’accueil et de réception, déjà mis à l’enquête, et la construction d’un nouveau four et captage CO2. La société prévoit d’investir plusieurs centaines de millions de francs dans ces opérations.

Satom s’unit à deux de ses homologues pour développer le produit GastroVert de récupération et valorisation de déchets ménagers et de professionnels de la restauration, communique la société montheysanne. Les directeurs des trois usines Satom, Saidef SA (Posieux/Hauterive FR) et Enevi (Uvrier, VS) ont signé le 25 février l’acte officialisant la création d’une filiale commune GastroVert SA, avec un siège social à Posieux. Une meilleure coordination des efforts veut rechercher une «optimisation de la gestion des déchets» en mutualisant au niveau de l’innovation de nouvelles fonctionnalités, des commandes de matériel, de l’administration et de la maintenance. La nouvelle plateforme «se chargera également de la diffusion de GastroVert dans d’autres régions et auprès de nouveaux partenaires». Au 31 décembre 2024, GastroVert desservait 89 communes et 931 professionnels de la restauration, avec 642 points de collecte pour les ménages, et 7’200 tonnes de matière valorisées.
Légende: La signature de la nouvelle collaboration. Tout à dr: Daniel Baiffifard, directeur de Satom. | Satom - DR
