S’inviter au plus près des chevalets

De g. à droite: Valerio Trippini, Genta Plasari, Jean-François Gailloud, Tanya Tuluzakova et Marie-Hélène Heusghem.  | V. Jobé-Truffer

Montreux
Ce printemps, le MAG investit l’ancien Office du tourisme au bord du Léman. Dans un Pop Up éclectique, à découvrir jusqu’à mi-juin, des artistes locaux présentent leurs œuvres et peignent sur place.

Dans une ambiance tantôt enjouée, tantôt studieuse, mais toujours lumineuse, des artistes du cru s’attellent à la tâche, saluent un visiteur, répondent aux questions des curieux, expliquent leur technique ou vendent une de leurs pépites. L’expérience Pop Up MAG offre un espace de création aux peintres et illustratrices, en même temps qu’un lieu de découverte aux amoureux de l’art, qui peuvent ainsi dialoguer dans un cadre aussi idyllique que sympathique. 

«Nous allons développer ce concept durant la huitième Biennale de Montreux qui se déroulera sur les quais dès le mois d’août, s’égaie Jean-François Gailloud, président de la Fondation MAG. Pour l’instant, nous profitons de ce local vide jusqu’à la mi-juin.» Marie-Hélène Heusghem, directrice des événements de la Fondation MAG, ajoute: «Cela donne l’occasion à des artistes de créer en live et de se côtoyer sur une longue période, ce qui ne se fait que rarement. Nous sommes convaincus que l’échange professionnel est fructueux. Ils ont des origines, des façons de travailler, des styles très divers. Et cela permet aussi de faire vivre une expérience particulière aux visiteurs – des dizaines par jour – tout en offrant aux artistes une possibilité de vendre leurs œuvres.» 

Une expérience enrichissante

Quand on entre dans cet atelier éphémère vitré, on est happé par sa sérénité. Tous travaillent avec minutie sur leur œuvre. C’est d’abord Tanya Tuluzakova, aquarelliste botanique d’origine ukrainienne qui vit à Territet, que l’on rencontre. Ce jour-là, elle s’applique à dessiner les contours d’une rose plus vraie que nature. Sa loupe n’est pas loin pour montrer les détails infinis de ses tableaux. 

À côté d’elle, Valerio Trippini, italo-canado-suisse établi à La Conversion, peint les lignes d’une montagne helvétique aux teintes étincelantes. «La couleur crée des émotions. Dans mes toiles, je cherche un équilibre entre l’ordre et le chaos.» 

Quant à Genta Plasari, suisso-albanaise, elle a quitté Renens pour installer ses tubes durant plus de deux mois au fond de l’ancien Office du tourisme près du débarcadère CGN de Montreux, où elle magnifie à l’instant des échalotes. Son complice, Pierre Alloueteau, qui expose aussi au Pop Up MAG, est absent aujourd’hui. Tout comme Alfred Python, qui présente ses œuvres originales – à admirer à la lumière des néons et dans l’obscurité – dans une mini-galerie à l’entrée.

«Nous pouvons être deux, trois ou quatre, cela dépend. Mais nous ouvrons tous les jours de la semaine, précise enthousiaste Genta Plasari, docteure en biochimie qui a tout abandonné pour se consacrer au dessin académique. J’apprécie le contact avec les gens. Cela change de l’atelier où on ne rencontre personne.» Elle se réjouit d’accueillir une masterclass sur les lieux, consacrée au dessin avec du fil à plomb. 

Idem pour Tanya Tuluzakova, qui initiera sur place à la peinture botanique. «Linguiste de formation, je me destine maintenant à l’art. J’adore la nature et j’ai envie de capter l’attention des gens sur sa beauté, ses détails que l’on néglige dans la vie quotidienne, alors qu’ils peuvent nous apporter du bonheur et le calme.»

Finissage de Pop Up MAG:
mercredi 4 juin dès 18h
mag-swiss.com

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