Suisses ou Français : qui occupe vraiment les chalets de Riviera Noël ?
Selon notre enquête, les stands suisses représentent la majorité entre Montreux, Vevey et Villeneuve (57%, hors bars et restauration). | Riviera Noël
Sur les quais illuminés de Montreux, les visiteurs flânent un thé ou un vin chaud à la main. Avec ses 163 chalets, le Marché de Noël attire chaque année plus de 500’000 visiteurs d’ici et d’ailleurs. Certains viennent pour une sortie entre amis ou en famille, d’autres pour dénicher des cadeaux à glisser sous le sapin ou simplement savourer la magie de la fin d’année.
Cependant, une question revient régulièrement troubler la féérie lorsqu’on parle du Marché de Noël de Montreux: les chalets mettent-ils réellement en avant les artisans locaux ou accueillent-ils surtout des exposants français?
L’observation des trois sites de la Fondation Riviera Noël – Montreux, Vevey et Villeneuve – ainsi que des échanges avec les organisateurs permettent de mieux saisir les choix effectués et la logique derrière la sélection des stands.
Trois marchés aux profils distincts
C’est à Montreux, cœur historique de l’événement, que l’on trouve la plus forte concentration d’artisans et d’exposants et un public plus international. «En plus des touristes étrangers, près de 25 à 28% des visiteurs viennent de Suisse alémanique», précise Yves Cornaro, président de Montreux Noël SA.
Du côté de Vevey, le marché mise sur une ambiance à taille humaine, avec une quarantaine de chalets, qui valorise le terroir et offre un cadre plus calme pour les exposants et les visiteurs.
Quant à celui de Villeneuve, il cible avant tout les familles, avec des animations pour les enfants, comme le Village des Lutins, et quatre chalets de restauration.
450 dossiers de candidatures
Les particularités de chaque site influencent également la sélection des exposants. Celle-ci se fait sur dossier par un comité composé de membres de la direction de la manifestation et d’experts de la région.
Chaque année, l’organisation reçoit environ 450 dossiers et choisit 20 nouveaux exposants, soit environ 10% des stands, pour renouveler l’offre. «Les choix se font selon des critères de qualité, d’authenticité et de cohérence avec l’esprit du marché. Une attention particulière est portée à la diversité des produits et à la représentation du terroir régional», renseigne la Fondation Riviera Noël.
S’il n’existe aucun quota entre stands suisses et étrangers, le comité de sélection a pour objectif de garantir une offre variée, des produits de qualité et la promotion de l’artisanat local ou suisse, avant de se tourner vers l’étranger. Il précise que 72% des exposants sont suisses, dont 67% du canton de Vaud, et 28% viennent de l’étranger, chalets de restauration inclus.
Au-delà des questions de provenance, l’aspect financier joue aussi un rôle, car louer un chalet coûte entre 4’500 et 6’000 francs, un investissement significatif pour de petites structures, malgré un tarif réduit accordé aux artisans-producteurs.
Une majorité d’artisans suisses
Début décembre, nous avons arpenté les marchés de Montreux et Vevey pour recenser les chalets d’artisanat, en laissant de côté bars et stands de restauration. Sur un total de 207 chalets, notre analyse porte ainsi sur 122 stands.
À Montreux, nous avons répertorié 93 chalets, dont 53 suisses – 32 vaudois –, 38 français, un hongrois et un italien. À Vevey, 29 chalets ont été comptabilisés, répartis entre 17 suisses – dont 12 vaudois – et 12 français. Quatre chalets ont changé d’exposants en fin de semaine, mais les nouveaux proviennent des mêmes régions que les précédents. Seules deux entreprises disposaient d’un stand dans chaque marché, une pratique autorisée, mais qui reste une exception selon notre observation sur le terrain.
Les stands suisses représentent ainsi la majorité, avec 57% des chalets. Des marchés entièrement helvétiques seraient-ils envisageables? «En théorie, oui, mais cela ferait perdre une partie de l’artisanat français et étranger très recherché, que le public apprécie fortement», répond Riviera Noël. À l’approche de Noël, à chacun donc de faire son choix en fonction de ses coups de cœur et de son porte-monnaie.





