Téléphériques suspendus à l’argent de Berne

Le téléphérique projeté relierait Vouvry (en bas) à Miex/Le Flon (au centre) en 7 minutes, contre 12 en voiture et 20 en bus postal.  | LDD

Mobilité
Les projets de liaisons câblées suivent leur petit bonhomme de chemin à Vouvry, Vionnaz et Saint-Maurice. Mais ne verront pas le jour avant les années 2030.

Quel meilleur agenda que celui des canicules et des grandes transhumances automobiles estivales pour reparler de transports publics durables? Dernier épisode en date pour la région du Chablais: la mise en consultation publique, début juillet, du rapport explicatif présentant le projet de téléphérique destiné à relier les villages de Miex et du Flon, soit 300 habitants, à Vouvry. 2’400 mètres de liaison câblée, avec potentiellement une station intermédiaire au fond du village de Miex, qui permettraient de parcourir le trajet plaine-montagne en sept minutes, contre douze en voiture et vingt en bus postal.

Course à la subvention

Si l’on articulait un montant de quelque 10 millions de francs voici trois ans dans nos colonnes, la présidente de Vouvry Véronique Diab-Vuadens préfère aujourd’hui ne pas s’avancer sur le terrain budgétaire. «Nous n’avons pas ce degré de précision. Le rapport explicatif est passé en consultation, il doit être validé par le Conseil d’État, puis il partira à l’Office fédéral des transports (OFT).»

L’objectif, selon l’élue: le voir inscrit au Plan directeur cantonal de mobilité d’ici à la fin de l’année et ainsi rejoindre les autres projets valaisans susceptibles de bénéficier de subventions fédérales via le programme de développement stratégique (Prodes) 2035.

Mais on n’en est pas là. «Une fois le projet inscrit au Plan directeur cantonal, la population sera amenée à se prononcer», explique Véronique Diab-Vuadens, qui se veut résolument positive. «Au niveau politique, nous nous réjouissons de l’avancée de ce dossier; c’est une nécessité, et une alternative intéressante pour les citoyens de Miex, sans parler évidemment du contexte touristique.»

Les autorités ont en tous les cas mis tous les atouts de leur côté. «Le tracé survole très peu de maisons, tous les services cantonaux ont été consultés et on respecte notamment les prairies sèches et les forêts de protection», liste la présidente. L’installation pourrait transporter 20 à 25 personnes, avec un débit maximum de 170 personnes par heure.

Vionnaz et St-Maurice plus avancées

La Commune voisine de Vionnaz planche également sur un projet de liaison câblée avec Torgon. Le dossier y est un peu plus avancé qu’à Vouvry, plus précisément sur les bureaux de l’OFT, à Berne.

«Nous préparons la suite. Nous étudions les coûts inhérents à ce genre de projet, comme les accès aux gares et les parkings, dans l’attente de savoir s’il sera inscrit à Prodes 2035», précise la présidente Valérie Bressoud Guérin. La décision est attendue pour 2026, voire 2027 en fonction notamment des restrictions budgétaires de la Confédération. Les prochaines étapes seront notamment sur les épaules du nouvellement constitué Conseil général, qui devra valider les changements de zones et la création d’une société anonyme, recommandée par l’OFT. Mais là encore, il faudra se montrer patient.

C’est également le discours tenu par Xavier Lavanchy, président de Saint-Maurice, dans le cadre du projet de téléphérique appelé à rejoindre Vérossaz. «On attend qu’il soit inscrit – ou pas –dans le Prodes 2035. On est optimistes, c’est un projet qui est toujours cité en exemple et qui est un de ceux qui ont le plus de chances de se réaliser. Mais il ne faut pas attendre ce téléphérique avant 2030.»