
Les trois députées bellerines Martine Gerber, Éliane Desarzens et Circé Fuchs se battent pour le maintien de la dernière classe de Corbeyrier, qui compte dix enfants de 4 à 8 ans. | C. Dervey – 24 heures
L’annonce de la fermeture de la dernière classe d’école pour la rentrée 2026 avait suscité l’émoi et l’incompréhension de nombreux parents à Corbeyrier (voir numéro 169, 4 septembre 2024). La Municipalité avait écrit au Conseil d’État pour réclamer un moratoire sur cette décision jusqu’à la rentrée 2028, afin d’étudier des solutions.
Mardi dernier, ce sont trois députées chablaisiennes, et même bellerines, qui ont remis une compresse au Grand Conseil. Martine Gerber (Les Vert.e.s), soutenue par Éliane Desarzens (PS) et Circé Fuchs (Vert’libéraux), a pris la parole en soutien aux 1’600 signataires de la pétition lancée à Corbeyrier, commune qui compte 460 habitants.
Le trio a repris dans les grandes lignes les arguments de la Municipalité robaleuse. «Il semble insuffisant d’invoquer la question financière qui laisse supposer que la rentabilité économique est le seul critère déterminant dans l’enseignement public obligatoire, a lancé Martine Gerber. Et même si c’était le cas, rien ne prouve que le bilan financier de cette opération de centralisation scolaire soit durablement et réellement rentable.»
Les interpellatrices disent également craindre un effet dissuasif pour les jeunes familles qui aimeraient s’installer au village, un impact négatif sur l’économie locale et «conséquemment, un désinvestissement de la vie sociale en général». Par ailleurs, pointent encore les députées, les déplacements des enfants de Corbeyrier à Aigle ne seraient pas «du point de vue écologique, une orientation durable».
L’existence et le maintien de petites structures scolaires ne seraient-ils pas «au contraire, une alternative réaliste pour répondre aux problèmes complexes à venir?», interrogent-elles, pour le cas de Corbeyrier et de manière plus large.
Au Conseil d’État d’y répondre en chiffrant les incidences financières d’une fermeture de classe et en proposant des «alternatives stratégiques de la DGEO (ndlr: Direction générale de l’enseignement obligatoire) pour maintenir les infrastructures scolaires décentrées sans péjorer le budget et le fonctionnement des autres établissements scolaires d’arrondissement». Selon le règlement, l’Exécutif cantonal a trois mois pour le faire.
Pour rappel, dix enfants de 4 à 8 ans, de la 1 à la 4P, sont enclassés à Corbeyrier dans ce qui reste une exception vaudoise: une classe à degrés multiples. Un effectif insuffisant, trop coûteux et pédagogiquement insatisfaisant, selon la DGEO, qui avait validé la décision de la direction des écoles d’Aigle et environs dans son choix de mettre un terme à une «exception difficilement justifiable».
