Un chemin vers la réinsertion professionnelle

Après être passé de mesure en mesure, Mateo Ditesheim a trouvé sa voie grâce à Inizio.  | N. Desarzens

Intégration
Assurant un accompagnement individualisé pour des jeunes en rupture, Inizio agrandit ses locaux à Vevey. Le retour en atelier est prévu le 19 août, après une courte pause estivale.

«Ici, j’ai trouvé ma voie. Je veux devenir coach sportif!» Après une petite année passée au sein d’Inizio, Mateo Ditesheim a désormais les idées claires et a trouvé une sérénité. «Avant d’arriver dans ces locaux, sociabiliser et vivre en communauté m’étaient très difficiles. Ça me générait beaucoup d’angoisses.»
Aujourd’hui diagnostiqué d’un trouble dissociatif de l’identité, ce jeune boxeur suit depuis peu un traitement médical. «Actuellement, je peux dire que je vis une vie normale! Avant, il m’était très difficile de m’intégrer dans la vie quotidienne.»
Auparavant agressif et sur la défensive, à en croire l’équipe d’Inizio, difficile d’imaginer ce jeune sous ces sombres auspices tellement il resplendit aujourd’hui.

Première marche
Un parcours semé d’embûches que Mateo est parvenu à surmonter grâce à l’accompagnement d’Inizio, une mesure de l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) active depuis plus de 30 ans, 12 ans dans le chef-lieu du district. «C’est un accueil à la croisée de l’insertion et de la thérapie», résume le responsable du secteur David Nicolet.
Pour des jeunes en rupture scolaire et atteints dans leur santé mentale, le chemin de la rémission prend du temps et chaque profil a des besoins spécifiques. Dans les locaux veveysans, on croise notamment quelques jeunes enfoncés dans un canapé. «On ne s’en rend pas compte, mais c’est déjà une victoire qu’ils soient présents», glisse David Nicolet, aussi infirmier en psychiatrie. Le premier objectif de cette mesure de réinsertion, c’est de recréer du lien, avant d’imaginer un projet professionnel.
Il est donc primordial qu’ils se sentent à l’aise dans cet espace d’accueil, ce qui n’est pas gagné d’avance aux vues de leurs angoisses, anxiétés et autres phobies. Des troubles qui se traduisent par un retrait social. «L’insertion débute dans un second temps, précise le directeur d’OSEO Vaud Yves Ecoeur. Il y a parfois un décalage entre les demandes sociétales et la réalité de ces jeunes. Le temps de rémission n’est pas linéaire et il ne peut pas répondre à un agenda politique.»


Après 18 mois de travaux, Inizio a inauguré l’agrandissement de ses locaux début juin. Une extension qui va permettre d’offrir plus d’ateliers professionnalisants aux bénéficiaires et qui réunit tout sous le même toit.
Depuis la crise sanitaire, de plus en plus de jeunes sont en rupture. «Leur prise en charge comprend parfois une approche thérapeutique, selon leurs besoins, ajoute David Nicolet. Nous aimerions donc que cette mesure d’OSEO Vaud soit aussi reconnue comme un lieu de soin.»

Plus d’infos: www.oseo-vd.ch/prestation/inizio

Inizio, c’est…

- Une prise en charge adaptée permettant d’éviter une rupture d’activité postscolaire;
- 22 encadrants et 4 infirmiers spécialisés en santé mentale;
- Quelque 60 jeunes entre 15 et 25 ans pris en charge de leur plein gré.

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