
Avec 25 buts inscrits à ce stade, les joueurs de Monthey possèdent la deuxième meilleure attaque du championnat, derrière les M21 de Servette. | DR
Quand on demande à Julio Tejeda s’il est un président heureux, il préfère sourire. «On ne va pas faire la fine bouche. On espère continuer à surfer sur la vague actuelle, profiter tout en gardant les pieds sur terre.»
Alors que l’équipe a dû se battre ces deux dernières saisons pour se maintenir en 1re ligue, elle occupe aujourd’hui une surprenante place de leader après 10 journées, devant tous les favoris. Une véritable métamorphose.
Ce samedi, Monthey affrontera son dauphin Servette M21 à domicile. «J’espère qu’il y aura beaucoup de monde», se réjouit Mersim Asllani, le meilleur buteur de l’équipe.
Le rôle crucial de l’entraîneur
Après des passages à Bulle et au FC Sion avec les M21, l’entraîneur Cédric Strahm a repris cette saison une équipe qu’il avait déjà dirigée plusieurs années par le passé. Et ce départ en fanfare ne l’étonne pas tant que ça. «Avant le championnat, j’avais déjà dit à mes gars qu’on pouvait être l’équipe surprise du championnat, relève-t-il. Bien sûr, tout tourne en notre faveur en ce moment, mais nous avons surtout un excellent amalgame entre jeunes talents et joueurs plus expérimentés. L’état d’esprit est fantastique. On travaille dur, mais on rigole aussi et on espère poursuivre sur cette même dynamique.»
Selon l’attaquant Kevin Derivaz, actif au club depuis cinq saisons, l’entraîneur est le principal artisan de la réussite actuelle. «Nous avions déjà disputé les finales avec lui il y a trois ans. Il revient et on se retrouve tout devant. Cédric sait nous donner confiance et tirer le meilleur de chacun. Nous sommes une vraie équipe de copains. J’ai reçu des offres, mais je n’ai pas envie de partir. Sans voir trop grand, on peut regarder vers l’avant aujourd’hui.»
À l’entre-saison, Monthey a enregistré sept départs et cinq arrivées. Pour éviter toute mauvaise surprise, Cédric Strahm n’a recruté que des joueurs qu’il avait déjà entraînés à Monthey ou ailleurs. «On a fait revenir Kevin Mapwata et André Gomes. Mersin Asllani et Bastian Gasser, je les avais eus dans mon équipe à Bulle, de même que Elhadji Ciss en M21 à Sion. Ces joueurs ont amené de la qualité, ils ont tiré le groupe vers le haut.»
Des remplaçants décisifs
Loin de déstabiliser l’équipe, la claque 6-1 reçue début septembre à Lancy a servi de déclic. Depuis, Monthey a aligné cinq victoires consécutives assorties d’un impressionnant «goal-average» de 15-2. «Cette lourde défaite a été un moment charnière, poursuit l’entraîneur. Nous avons eu une longue discussion collective, il y a eu une prise de conscience de tous.»
Avec 25 buts inscrits, Monthey possède la deuxième meilleure attaque du championnat derrière les M21 de Servette. «Chez nous, le danger peut venir de partout, relève Cédric Strahm. Non seulement nous avons de bons attaquants, mais tout le monde est capable de marquer. La preuve, notre troisième meilleur buteur n’est autre que notre latéral droit, Antoine Tissières.»
En tête de ce classement avec sept goals, Mersim Asllani (26 ans) a signé un triplé lors du récent carton 5-0 infligé à La Sarraz. Enfant de Villeneuve, sélectionné une fois avec l’équipe nationale du Kosovo, il a joué une vingtaine de matches en Super League avec Lausanne et Grasshopper. Quand Strahm l’a contacté, il n’a pas hésité à quitter Bulle. «C’est un entraîneur qui est toujours à l’écoute. Je me sens bien avec lui.»
L’une des grandes forces de l’équipe montheysanne, c’est l’implication de tout le monde. «Depuis le début de la saison, j’ai très rarement aligné le même 11 de départ, abonde le technicien. Et ce sont souvent les remplaçants qui ont fait basculer les matches. Quand ils rentrent, ils apportent toujours quelque chose.»
Pas de professionnels
Alors que d’autres équipes de 1re ligue, comme Naters, comptent des pros dans leurs rangs, tout le monde travaille en dehors du foot à Monthey. Un aspect qui renforce l’harmonie du groupe et évite les jalousies. «Des mercenaires qui signent juste pour l’argent, on n’en veut pas chez nous», tranche Kevin Derivaz.
Cédric Strahm jouit d’une totale indépendance à la tête de son équipe. «Chacun est à sa place à Monthey, alors que j’ai connu des clubs où tout le monde se mêlait de tout.» En début de saison, l’objectif était d’assurer le maintien. Depuis, Monthey a-t-il revu ses ambitions à la hausse? Les finales commencent-elles déjà à trotter dans les têtes? L’entraîneur relativise. «Nous n’avons disputé que 10 matches sur 30, on fera le bilan à Noël. Le plus dur commence pour nous avec Servette ce week-end.»
