
Attiré depuis toujours par la Riviera, le jeune entrepreneur a repris le garage de la Foge en 2022. Face à ces dépradations survenues à quelques mois d’intervalle, il dit tomber de haut. | R. Brousoz
Freddie Bussy a toujours été attiré par la Riviera vaudoise. «C’était un rêve de venir m’y installer et d’avoir une vue sur le Léman», explique cet entrepreneur qui fêtera ses 32 ans en octobre prochain. En 2021, ce fils de garagiste quitte donc le Jura-Nord vaudois pour emménager dans un appartement de Clarens. «Après avoir travaillé 13 ans dans la vente automobile avec mon père et mes frères, j’ai décidé de tenter ma chance ici», poursuit celui qui s’est fait connaître pour avoir créé sa propre marque de montres à l’âge de 16 ans.
En septembre 2022, il reprend le garage de la Foge, à Territet. «J’ai saisi l’occasion, car avec sa situation au bord de la route cantonale, il y avait un potentiel à développer.» Il se lance dans la vente de voitures de haut standing, tandis que l’atelier mécanique attaché au garage poursuit ses activités à l’étage inférieur.
De longs «gribouillages»
Le rêve montreusien du trentenaire avait donc plutôt bien démarré. Du moins jusqu’au 29 avril 2025. Ce matin-là, il découvre que cinq de ses véhicules exposés à l’extérieur – BMW, Mercedes, Jeep, Land Rover – ont été vandalisés durant la nuit. Des rayures longues, profondes et parfois insistantes ornent les ailes de chaque voiture. «Celui qui a fait ça a pris le temps de faire des gribouillages.»
Le réveil est brutal. Les questions fusent. «Je me suis demandé si c’était personnel, si je dérangeais quelqu’un dans le quartier.» La question d’une potentielle action militante lui traverse aussi l’esprit, lui qui ne cache pas sa sensibilité libérale-radicale. Il dépose une première plainte.
Surpris par un restaurateur
Dans la nuit du 19 au 20 août derniers, rebelote: huit de ses véhicules exposés – soit la totalité – sont à nouveau pris pour cibles. Mais cette fois le vandale est attrapé la main contre la carrosserie. «Vers 1h du matin, je revenais du fitness et j’allais prendre mes protéines», raconte John Grisetti, patron du restaurant «Chez John», situé en face du garage. «J’ai vu un homme avec une capuche en train de faire des gestes bizarres autour des voitures.»
Le restaurateur court vers lui. «Je lui ai demandé ce qu’il fabriquait. Il s’est alors approché de moi, un peu agressif et m’a crié dessus. Je ne savais pas s’il avait un cutter ou quoi d’autre dans ses mains, j’ai reculé. Et il est parti dans une ruelle sombre, de l’autre côté de la route.» Le témoin appelle la police, qui ne peut que constater les dégâts. «Je pense que c’est quelqu’un qui vit dans le quartier et qui doit être un peu instable, comme s’il n’avait pas pris ses médicaments», estime le tenancier.
Au matin, le choc est à nouveau rude pour le garagiste, qui dépose plainte et doit entreprendre une fois de plus les démarches avec les assurances. «C’est une immense perte d’énergie et de temps», soupire-t-il. Côté financier, les dégâts de ces deux nuits de vandalisme se montent à environ 35’000 francs. Le jeune entrepreneur doit payer 4’000 francs de franchise. «Si l’on part avec suffisamment de fonds, ça pourrait être pris à la légère. Mais ce n’est pas mon cas.» Sans compter que ce sont des déprédations qu’il devra signaler à chaque acheteur potentiel.
Pas d’arrestation
Contactée, la Police cantonale confirme que ses deux plaintes pénales ont été enregistrées. «Pour l’heure, aucune interpellation n’a eu lieu», précise-t-elle. Les deux vandalismes sont-ils liés? «Nous ne pouvons fournir davantage d’informations en raison des investigations.»
Pour Freddie Bussy, la Riviera qu’il idéalisait perd un peu de son lustre. «Je suis tombé de haut, admet-il. En plus de 40 ans d’activités à Chavornay, ma famille n’a jamais vu ça.» Même s’il ne devait s’agir que d’un coup de malchance, il s’interroge sur la société «qui a changé» et sur la liberté de commerce. «J’ai l’impression qu’on ne nous la garantit plus vraiment. Résultat: on doit toujours plus investir dans la sécurité, entre systèmes d’alarme et caméras de surveillance.»
Pour autant, pas de quoi décourager le Clarensien. Cette mésaventure l’a même convaincu de se lancer en politique lors des élections communales à venir. Histoire, dit-il, de comprendre un peu mieux les coulisses de sa région d’adoption.
