Un million pour les chalets de Chaude

Les Chalets de Chaude vont bénéficier d’une remise à neuf dès cet été.  | DR

Villeneuve
Jeudi dernier, le Conseil communal a validé l’octroi d’un crédit de 1,2 million destiné à la rénovation de cet alpage situé sur la Via Alpina. Avec huit chalets sur son territoire, la Commune est bien décidée à conserver coûte que coûte son patrimoine sylvopastoral.

«Là-hauuuut sur la montagne, l’était un vieux chalet…» À l’unisson, les élus villeneuvois ont entonné jeudi dernier ce classique du folklore suisse après l’acceptation, presque à l’unanimité, du préavis consacré à la rénovation des chalets de Chaude. À l’initiative du président du Conseil communal et futur syndic Nicolas Riesen, le chant a résonné comme un hommage à ce patrimoine que la Commune ambitionne de valoriser depuis plusieurs années.

Dès 2017, la Municipalité a établi un plan de gestion et planifié les aménagements nécessaires à la sauvegarde de ses huit alpages. «Ces chalets représentent un patrimoine important qui mérite d’être préservé, non seulement pour la valeur du bâtiment en soi, mais aussi pour l’activité d’estivage qui est reconnue par l’Unesco comme patrimoine culturel immatériel», note Dominique Pythoud, municipal chargé des travaux, forêts et alpages. Situé au Col de Chaude, sur une étape de la randonnée Via Alpina – itinéraire pédestre emblématique traversant la Suisse – les chalets de Chaude constituent l’unique hébergement entre Rossinière et Montreux.

Mais au-delà de son attrait touristique, le gîte conserve avant tout une vocation agricole. Durant la belle saison, du fromage y est produit. Depuis l’an dernier, une nouvelle famille de paysans, les Reymond, a repris l’exploitation du site. «Nous avons reçu plus de 25 candidatures, cela montre l’intérêt pour ce chalet», souligne le municipal. Aujourd’hui toutefois, les bâtiments accusent le poids des années.

«Ces travaux, c’est le minimum que l’on puisse faire, estime l’édile. S’il n’y a plus de paysans et de bétail là-haut, l’entretien des pâturages ne se fera plus. Il faudrait alors engager d’autres moyens et d’autres inconvénients verraient le jour.» Le préavis accepté prévoit un crédit de 1’275’000 francs pour financer les travaux jugés prioritaires: réfection du toit, mise en conformité des bâtiments, ou encore stockage de l’eau. Grâce à des subventions fédérales et cantonales, les coûts communaux se situeraient aux alentours de 900’000 francs. 

Sauvegarde du toit en tavillons

La majeure partie du crédit sera consacrée à la rénovation des deux bâtiments, dont la réfection du revêtement en bois des toits. Les travaux feront appel à la technique traditionnelle du tavillonnage, un savoir-faire minutieux qui exige patience et précision. L’adduction d’eau devra également être entièrement revue. «Actuellement, la quantité d’eau sur place est très limitée», ajoute Dominique Pythoud. Un problème accentué ces dernières années par le changement climatique et les épisodes de sécheresse qui se multiplient.

Les bâtiments devront notamment répondre aux normes incendie actuelles. «Bien sûr, le drame de Crans-Montana nous incite à être particulièrement prudents et à nous assurer que tous nos bâtiments communaux soient aux normes.»

Le chantier devrait débuter à la fin du printemps et s’étaler sur trois estives. Pendant les travaux, des containers provisoires permettront de maintenir l’accueil des randonneurs. Quant aux exploitants agricoles, la Commune assure limiter au maximum les perturbations, afin de préserver la production fromagère. Une seconde phase de travaux fera l’objet d’un futur préavis.

Les autorités entendent également poursuivre progressivement la rénovation de ses autres alpages. Mais le calendrier dépendra de la santé économique de la Commune. «Les finances étant ce qu’elles sont, nous n’avons d’autre choix que de réaliser les travaux par étapes, en commençant par le plus urgent», glisse l’édile socialiste. Le prochain dossier concernera le chalet de l’Areine, dont le préavis sera discuté à la prochaine séance en juin. Plus haut estivage communal, il est utilisé quelques semaines par an par des bergers. Là aussi, d’importants travaux, notamment sur la toiture, l’intérieur du bâtiment et l’adduction d’eau sont nécessaires pour un crédit de 412’000 francs.

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