Un petit mois et puis s’en va…

Le SIGE repasse donc en «gouvernance de transition»  | SIGE

Eau potable
Entré en service le 1er juin dernier, le nouveau directeur du SIGE vient de quitter son poste. Une sacrée tuile pour l’entité intercommunale, qui se trouvait privée de capitaine depuis 2024

Décidément, le sort semble s’acharner contre le SIGE, le Service intercommunal de gestion. Une entité publique des plus importantes, puisque c’est elle qui assure, entre autres, la distribution de l’eau potable dans huit communes de la Riviera ainsi qu’à Port-Valais.

Le nouveau coup dur est survenu la semaine dernière, quand l’organisation a annoncé la démission soudaine de son directeur exécutif Laurent Mineau. Un patron qui avait à peine eu le temps d’allumer son ordinateur et d’apprendre le fonctionnement de la machine à café, puisqu’il était entré en fonction le… 1er juin dernier.

Dans les explications qu’il a fournies au SIGE, Laurent Mineau évoque le «croisement imprévu de deux processus de recrutement», ainsi que «certains décalages avec ce qu’il recherche dans l’exercice d’une fonction de direction». Au final, il a préféré saisir une autre opportunité qui «répond mieux à ses aspirations professionnelles». Cet ingénieur de formation était auparavant passé par EDF, Romande Energie et Magenta Eko. 

Ce revirement intervient dans un contexte délicat pour cette organisation qui emploie une centaine de personnes, elle qui n’avait plus de directeur depuis février 2024 à la suite du départ d’Éric Giroud pour des raisons de santé.

«Nous ne pouvons pas le retenir» 

Président du SIGE, Caleb Walther ne cache ni sa surprise, ni sa déception. Ce d’autant que la recherche de la perle rare avait été «longue et exigeante». «Son entrée en fonction semblait positive, nous étions confiants», dit le municipal de Montreux, qui précise «ignorer que Laurent Mineau était engagé dans une autre procédure de recrutement». «Nous regrettons de ne pas en avoir été informés plus tôt, poursuit-il. Mais d’un autre côté, nous ne pouvons pas le retenir s’il souhaite changer de place. C’est aussi à cela que servent les trois mois d’essai.»

Cette déconvenue serait-elle le signe qu’il y a quelque chose qui cloche dans le processus de recrutement, opération menée par le bureau lausannois Von der Weid pour une facture de quelque 35’000 francs? «Non, répond Caleb Walther. Je le prends plutôt comme une malchance. En tout cas, nous ne sommes pas les seuls à avoir été convaincus par les compétences de M. Mineau. Le spécialiste des RH qui nous a accompagnés nous a dit qu’il n’avait jamais vu un tel scénario en 30 ans.»

À nouveau sans grand capitaine à sa barre, le SIGE repasse donc en mode «gouvernance de transition». «Nous allons publier des mises au concours», annonce l’édile montreusien. La mission sera encore confiée au bureau Von der Weid. «Mais cette nouvelle procédure sera plus rapide et moins chère, vu qu’une partie des démarches initiales ne sont pas à refaire.»

Pas de repêchage

Au fait, pourquoi ne pas «repêcher» l’une des quelque 100 candidatures de la dernière moisson? «Ce serait effectivement une possibilité, mais s’agissant d’une entité publique, nous estimons qu’il faut garder une certaine équité de traitement, dit Caleb Walther. Cela signifierait par ailleurs que l’on choisirait une personne par défaut, ce qui n’est évidemment pas ce que nous recherchons.» Un poste dont le salaire initial avoisine les 200’000 francs par année, en fonction de l’expérience.

Contacté, le directeur démissionnaire ne souhaite pas «commenter les raisons de ce départ». «Je tiens simplement à préciser qu’il ne s’agit en aucun cas d’un différend avec le SIGE, ses dirigeants ou ses équipes», se contente de souligner Laurent Mineau.

Et du côté du personnel, comment perçoit-on ce vrai faux départ et cette nouvelle période sans direction? «On commence à avoir de la bouteille», sourit un collaborateur rencontré à la réception veveysanne du SIGE. Formule plutôt bien sentie pour une organisation qui abreuve près de 80’000 personnes…

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