Un soutien à l’industrie plus que jamais « bienvenu »

Créée en 1953 par Alfred Meili, l’entreprise chablaisienne est orientée vers son savoir-faire d’origine: la soudure. | Meili Technology

Vaud
Si les perspectives économiques s’annoncent un peu meilleures cette année pour les entreprises, la situation reste difficile et incertaine. Les mesures cantonales d’accompagnement peuvent parfois faire la différence. Meili Technology, à Bex, en témoigne par son parcours.

À l’échelle globale, tous les regards sont actuellement rivés sur les hypothétiques résultats des discussions entre la présidente Karin Keller-Sutter, le conseiller fédéral chargé de l’économie Guy Parmelin et les États-Unis. Mais plus proche de chez nous, sur le terrain, c’est plutôt le soutien cantonal au tissu économique local et au lancement des nouvelles sociétés qui s’avère souvent fondamental.
«En ce moment, en tant qu’entreprise active dans le domaine industriel, c’est vrai que nous souffrons. Nous souffrons même beaucoup. Mais depuis huit ans, il faut dire que nous avons eu pas mal de soutien au niveau vaudois», se réjouit Joël L’Her, directeur de Meili Technology, une entreprise de construction métallique chablaisienne, d’ordre familial, qui a développé des affaires à l’échelle internationale.
À l’heure où la conseillère d’État Isabelle Moret et le Service de la promotion de l’économie et de l’innovation (SPEI) dressaient le bilan de l’année écoulée, le patron de la société bellerine a tenu à saluer l’aide apportée sous forme de cautionnement, mais aussi les mesures de soutien économique et de «coaching» dont son entreprise a pu bénéficier. Car l’histoire de Meili Technology est exemplaire. C’est en effet la
dernière société de chaudronnerie de Suisse romande qui a été sauvée, en étant reprise par cinq de ses anciens cadres.

Une aide précieuse
Créée en 1953 par Alfred Meili, qui lui a donné son essor, la fabrique d’appareils de précision familiale avait en effet été cédée en 2012 à une société d’intermédiaires, Meilibex SA, avant de partir en faillite cinq ans plus tard. Soucieux de poursuivre le flambeau, ses employés l’ont alors rebaptisée et réorientée vers son savoir-faire d’origine. «Notre métier de base, c’est la soudure», raconte avec optimisme Joël L’Her.
Il leur a d’abord fallu racheter les appareils aux enchères, puis le bâtiment. La garantie du SPEI, à hauteur de 600’000 francs a ainsi permis d’acquérir la parcelle de l’usine. Aujourd’hui, Meili Technology compte une vingtaine d’employés qualifiés. Elle est notamment active dans la fabrication de cuves sous pression pour les secteurs de la chimie et de la pharmacie, en particulier ceux du site de Monthey, et dans le domaine médical.

Doublement impactée
Mais, comme dans l’industrie métallurgique, la situation est très dure. «C’est surtout le franc suisse fort qui nous péjore et nous inquiète. On devient très cher à l’étranger», se préoccupe Joël L’Her. Même si elle n’exporte pas elle-même directement, l’entreprise est en outre impactée par l’incertitude sur les marchés provoquée par les États-Unis, un pays qui représente environ 10 à 20% de son chiffre d’affaires.
«Nous avons enregistré des reports de livraison de clients, ce qui représente, en gros, un trou de six mois dans les commandes», relève le directeur de Meili Technology, qui a une visibilité des affaires allant de trois à six mois en fonction des réalisations. «On sent bien que les choses sont très incertaines, que les gens hésitent.»
Dans ce contexte difficile, le Canton est également entré en matière pour aider à l’acquisition d’un robot de soudage spécifique, ainsi qu’une participation au coût d’une certification dans le domaine du ferroviaire.

Soutiens en forte augmentation
C’était ainsi l’occasion pour la cheffe du Département vaudois de l’économie, de l’innovation, de l’emploi et du patrimoine (DEIEP), Isabelle Moret, de rappeler que l’industrie «est au cœur des préoccupations et doit bénéficier d’un soutien prioritaire». Annoncé en décembre dernier, un plan d’action pour soutenir la compétitivité et l’emploi du secteur prévoit la réactivation d’un fonds de soutien à l’industrie pour quelque 23 millions de francs.
Les aides au développement octroyées par le SPEI ont d’ailleurs fortement progressé dans l’agroalimentaire (+44%) et l’industrie de précision justement (+10%). De manière générale, 235 sociétés ont été soutenues financièrement, tandis qu’il y a eu 33 nouvelles implantations.

❝ Avec la guerre commerciale actuelle, on sent bien que les choses sont très incertaines, que les gens hésitent”

Joël L’Her
Directeur de Meili Technology

La Riviera s’en sort mieux

À en croire les entreprises qui ont répondu à l’enquête conjoncturelle de printemps de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), les perspectives devraient être un peu meilleures cette année. La Riviera s’en tire même mieux, a souligné son directeur, Philippe Miauton, à l’occasion d’une soirée organisée par Promove. Alors qu’on s’attend à une hausse des affaires de 3% au niveau vaudois, celle-ci atteint 21% dans la région. Soit la meilleure situation depuis 2009. Les secteurs qui «performent» sont l’immobilier, la santé, les transports, la banque, ainsi que les services, avec une forte demande en matière de digitalisation.

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