Un swimathlon pour protéger le Léman

Lors de l’édition 2023, nageurs et nageuses ont réalisé un total de 1532 traversées et ont récolté 10’000 francs pour la protection des eaux.  | R. Cueto

Montreux
Lors de la troisième édition de Swim for Good, quatre équipes de nageurs tenteront de parcourir un maximum de fois les 25 mètres de la piscine de la Maladaire. Leur but? Lever des fonds pour la préservation du lac.

Swim for Good, autrement dit, nager pour le bien, pour la bonne cause. Ce projet, lancé en 2020 par l’action conjointe du Rotary Club Montreux-Vevey et de la Summit Foundation, vise à sensibiliser et à engager des actions concrètes contre la pollution des eaux dans la région. Le 23 novembre prochain, cet engagement prendra la forme d’un swimathlon. Chaque équipe est sponsorisée par des particuliers pour chaque traversée effectuée en une heure. Plus les nageurs sont efficaces, plus la levée de fonds l’est aussi.
«Ce système de micro-sponsoring est intéressant pour nous. On pourrait contacter des grosses entreprises pour récolter de l’argent, mais en opérant avec des particuliers, à partir de sommes moins conséquentes, ça nous permet de toucher plus de monde et de sensibiliser à la cause écologique, relève son co-responsable Stéphane Ménerat. C’est un peu d’une pierre deux coups!»

Une idée novatrice
Fort du succès de leurs deux précédentes éditions – dont 10’000 francs de dons en 2023 – les organisateurs sont repartis pour un tour. L’argent récolté l’année dernière a été utilisé par la Summit Foundation à des fins de recherche sur l’existence de microplastiques dans des lacs de haute altitude, dans des environnements pourtant dénués de présence humaine. «La volonté était de comprendre les phénomènes de transport de ces éléments polluants, afin de sensibiliser ensuite la population et les politiques. On voulait faire bouger les lignes», lance Laurent Turnherr, le directeur de cette fondation.
Pour cette troisième cuvée, Swim for Good souhaite entreprendre une action plus concrète, en s’intéressant à la pollution directe du Léman par les déchets passant par les avaloirs (grilles d’égouts). Ces derniers se trouvent à proximité du lac et ne sont pas directement reliés à une STEP. «L’idée est de traiter le problème à la source en retenant ces déchets via un système de filtre sous l’avaloir. Nous sommes convaincus de l’impact positif que cela aurait, mais il faut surtout convaincre le grand public et les autorités, poursuit Laurent Turnherr. L’objectif, c’est qu’après une phase test, ce système novateur soit adopté par un maximum de Communes.»

Sensibiliser les écoliers
Pour l’instant, Swim for Good est un projet assez jeune. Ses responsables ambitionnent à l’avenir de lever plus de fonds et concerner davantage de monde. Pour y arriver, ils souhaitent développer la manifestation en elle-même, avec plus de nageurs, plus de parrains, et donc plus de dons. «Les sommes récoltées pourraient être utilisées afin de sensibiliser la population de la Riviera à ces enjeux, dans les écoles notamment», soulignent-ils.
Le lien entre ce projet et le Rotary Club Montreux-Vevey pourrait aussi les aider à grandir. Le Rotary étant une entité internationale recensant 13’000 membres en Suisse, une expansion du concept Swim for Good semble envisageable. «On ne sait pas exactement où ça nous mènera, mais on voit que le projet est pertinent, avance David Jordan, co-fondateur de Swim for Good. Notre envie, c’est évidemment de pouvoir le généraliser.»

Noam Yaron, un parrain de marque

Pour permettre au projet de toucher un public plus large, Swim for Good peut compter cette année sur Noam Yaron, nageur d’ultra-endurance de renom. Le Morgien, auteur de multiples records, notamment celui de la traversée du Léman (en longueur - 19h53), est lui aussi fortement engagé pour la protection des eaux et de la biodiversité. Dans une démarche voisine de celle de Swim for Good, il se lance des défis fous, avec le double but de récolter des fonds et de sensibiliser les gens aux problématiques liées à l’eau. «C’est une cause que je défends depuis très longtemps, en plus, j’habite à 50 mètres du lac, c’était donc important pour moi de rejoindre cette aventure. J’espère pouvoir contribuer à faire rayonner cet événement et récolter le plus de fonds possible.»

GALERIE