
Situé à Corsier-sur-Vevey, le terrain communal «En Salauroz» pourrait accueillir une micro-ferme. | DR
Il suffit de grimper sur les hauts de la ville pour atteindre pâturage, pré, champ et forêt. À 25 minutes en bus depuis Vevey, le terrain communal «En Salauroz» a accueilli jusqu’en 1974 les colonies de vacances de la Ville, avant d’être transférées au chalet communal de La Cheneau à Château-d’Œx. Pour plusieurs générations d’enfants, les Monts-de-Corsier ont rimé avec vacances en pleine nature.
Or, depuis plus de 50 ans, cette parcelle est laissée à l’abandon. À ce jour, seul un fauchage annuel de la parcelle est effectué par un agriculteur de la région. Dépourvue de terrain agricole sur son territoire, Vevey souhaite désormais pouvoir valoriser et réaménager ce site pour accueillir une petite exploitation paysanne.
Une manière de «mettre en valeur ce site naturel en développant des activités agricoles durables, des actions d’éducation à la nature et un renforcement concret de la biodiversité locale», selon la municipale responsable de la durabilité, Gabriela Kämpf. Cette micro-ferme, orientée vers le maraîchage, sera soumise à un appel à projet, sous la houlette de l’Association suisse des micro-fermes, afin de trouver un exploitant. «À terme, nous visons l’autofinancement du projet, par le paiement d’un fermage et d’un loyer modéré», ajoute l’édile.
Si la maisonnette, ancien logement du gardien, tombe en ruine, elle pourrait bientôt laisser la place à une micro-construction pour les besoins de l’exploitation et les activités pédagogiques, le «Nichoir», informe la Ville. «Ce bâtiment souffre d’un manque total d’entretien depuis de nombreuses années. L’option de la démolition et reconstruction est cohérente compte tenu de l’état actuel.»
Activités éducatives et maraîchage
Jardin floral, marais naturel, verger et terrain agricole en permaculture sont au programme de ce réaménagement. «Ce projet met en œuvre plusieurs mesures clés du Plan climat, à l’instar du développement de projets bio-éducatifs», souligne Gabriela Kämpf.
Avec une double vocation, scolaire et agricole, cette exploitation va assurer la production maraîchère, l’entretien du terrain et l’accueil d’activités à destination des élèves et du grand public. Avec quelque 5’500 m² cultivables, la ferme adoptera les principes de l’agriculture bio-intensive sur petite surface. «Dans le cahier des charges, la micro-ferme devra proposer des activités éducatives régulières, dans l’optique de renforcer la dimension sociale et communautaire de ce projet», poursuit l’élue.
L’exploitation de cette parcelle permettra à la fois la professionnalisation du maraîchage et le déploiement d’ateliers pédagogiques. «Je suis très touchée par la fracture ville-campagne qui se fait de plus en plus ressentir, ajoute la municipale. J’espère que le Conseil communal verra aussi que ce projet pourrait tisser des liens hautement nécessaires.»
Cette micro-ferme doit être inaugurée à l’été 2028, sous réserve de la décision de l’assemblée délibérante le 11 juin prochain et de l’engagement d’un exploitant.
