
Le poids économique des activités dans l’hébergement et la restauration est considérable, et même en forte croissance. Dans la région montreusienne et celle des Alpes vaudoises, le tourisme représente d’ailleurs un emploi sur dix. C’est ce que démontre l’analyse chiffrée réalisée par la société BAK Economics, à la demande de l’Association romande des hôteliers (ARH) et de Vaud Promotion.
Cette récente étude a mis en lumière le dynamisme et le fort potentiel de ce secteur, dont Montreux Riviera reste, avec Lausanne, l’une des principales régions touristiques phares, où se trouvent environ 20% de tous les 257 hôtels du canton. L’image fait cependant apparaître des éléments plus surprenants. Le nombre d’établissements a nettement diminué, c’est même deux tiers de moins qu’il y a 20 ans.
Majorité de 4 et 5 étoiles
Dans la région, entre 2005 et 2023, la capacité totale en lits a ainsi diminué de 5’191 à 4’509, soit -13%. La part du secteur de l’hébergement et de la restauration y est néanmoins importante et atteint 7%. Les hôtels, en particulier, se sont agrandis et se trouvent souvent concentrés dans le haut de gamme. D’après l’étude, Montreux est en effet aujourd’hui la championne de la proportion d’établissements quatre et cinq étoiles.
La diminution des lits s’est aussi fortement marquée dans les Alpes vaudoises. Globalement, leur nombre est passé de 4’938 à 3’592, soit une baisse de 27% en 18 ans. Phénomène lié, l’étude révèle un fort recul des nuitées dans certaines régions. Alors que celles de Montreux Riviera et d’Aigle, Leysin, Les Mosses enregistrent une augmentation des touristes de plus 22% et plus 44%, les nuitées de touristes ont en revanche chuté de 541’787 à 482’610 (-11%) dans les Alpes vaudoises.
Villars et les Diablerets en net recul
Le recul est particulièrement fort dans la région de Villars, Les Diablerets, Gryon et Bex (-35%) et Château-d’Œx, Rougemont et Rossinière (-12%). Cet étiolement doit cependant être nuancé, puisque dans le même temps, le nombre d’emplois dans le secteur du tourisme connaît une forte croissance de 31% dans les Alpes. Selon l’étude, la branche entraîne d’ailleurs des retombées économiques pour le commerce de détail, la culture et les transports régionaux.
Les faits saillants de cette situation photographique du tourisme devraient ainsi maintenant servir à définir des stratégies différenciées ou ciblées suivant les secteurs et régions, comme le relèvent en substance Nicolas Ming, président de l’ARH, et Michel Rochat, son homologue de Vaud Promotion. Cela d’autant qu’une croissance des nuitées de 3,9% est attendue pour 2025 et que la durée du séjour des touristes (1,9 jour seulement) y est inférieure aux autres régions de Suisse et offre encore un gros potentiel de développement.
