Un trio d’artistes fera vibrer à l’unisson Saint-Vincent

Léonie Renaud et Carine Séchaye (à dr.) habituellement accompagnées par la pianiste Marie-Cécile Bertheau (à g.) chanteront au temple Saint-Vincent pour la première fois en harmonie avec un orgue.  | A. Troesch

Montreux
Le 14 août, pour clore les festivités entourant ses 40 ans, l’Association des Concerts Saint-Vincent propose un récital inédit réunissant deux chanteuses lyriques et un organiste.

Carine Séchaye et Léonie Renaud uniront leurs voix sur des cantates de Bach, un Scherzo musicale de Monteverdi, l’Ave Maria de Saint-Saëns ou encore l’Ave Verum (op.65) de Fauré. En allemand, en français, en italien, comme en latin. Et pour la première fois, les deux artistes lyriques seront accompagnées par un organiste, Olivier Borer. 

«C’est un baptême du feu, s’enthousiasme la soprano Léonie Renaud. Olivier est très inspirant, très drôle et très à l’écoute. Comme il travaille souvent avec des chanteurs, il anticipe nos interventions, ce qui permet de ne pas entendre le petit temps d’inertie qui existe entre le moment où on presse la touche de l’orgue et celui où le son sort.» 

«Nous avons chanté avec orchestre, avec piano et nous nous réjouissons de cette première avec un orgue, ajoute la mezzo-soprano Carine Séchaye. Avec Olivier, qui est quelqu’un d’adorable, nous avons une Rolls-Royce qui nous suit!» 

De son côté, l’organiste, qui a grandi à Genève et connaît bien Carine Séchaye, a eu beaucoup de plaisir à découvrir le répertoire du duo, «avec des partitions qu’il a fallu adapter à l’orgue pour créer des arrangements sympas. J’ai aussi trouvé intéressant qu’elles fassent la part belle à des compositrices – Pauline Viardot, Cécile Chaminade, Mel Bonis – qui ont des œuvres de qualité et une musique d’une grande beauté qui convient aux voix et à l’orgue. Qui plus est dans un lieu qui s’y prête parfaitement». Ce concert sera suivi d’un apéritif sur l’esplanade du temple pour marquer les 40 ans de l’Association des Concerts Saint-Vincent et la fin du Festival 2025 «L’été, c’est l’orgue».

Un duo qui se comprend sans un mot

L’histoire a débuté par la formation d’un duo qui tourne en Suisse avec différents programmes, drôles ou spirituels, depuis 2020. Léonie Renaud et Carine Séchaye se sont réunies pour répondre à un appel à projet de la RTS, qui a choisi le leur. 

«Pour la petite anecdote, nous étions les deux très enceintes – Carine de sa troisième et moi de ma première – lors du récital à la radio le 17 juin 2020, se souvient Léonie Renaud. Elle a accouché le 30 juin et moi le 7 juillet. C’était effectivement le dernier moment. Nous étions vraiment ensemble jusqu’au bout!»

L’une, d’origine jurassienne, a commencé par s’épanouir au piano avant de découvrir sa voie dans les airs de soprano. L’autre a grandi à Genève, s’est autant passionnée pour l’art dramatique que le chant, avant de succomber aux sirènes de sa voix de mezzo-soprano. Toutes deux sont des mamans quadras et vivent aujourd’hui sur la Riviera. Entre deux concerts en Suisse et à l’étranger, elles ne cachent pas leur bonheur de se retrouver pour quelques récitals chaque année. 

«Avec Léonie, tout se passe toujours très bien, précise Carine Séchaye. C’est vraiment une histoire d’amitié, y compris avec la pianiste Marie-Cécile Bertheau, qui nous accompagne habituellement. Je n’ai pas l’impression d’aller travailler dans ces conditions. Je retrouve des amies pour réaliser notre métier passion!» Léonie Renaud acquiesce: «Nous n’avons pas besoin de nous expliquer avec Carine. Nous nous accordons. Tout se fait tellement naturellement que nous n’avons pas besoin de réfléchir. Cela permet d’aller tout de suite vers le perfectionnisme, à l’excellence de la musique. L’indicible se réalise pour nous. C’est un émerveillement de se dire que cela fonctionne du premier coup. C’est très précieux.»

Un instant à part

Les artistes lyriques aiment aussi profiter de l’acoustique des églises qui donne une autre dimension à leurs voix. «Je crois que le public cherche des moments de recueillement et qu’il a besoin de se créer une bulle, remarque Léonie Renaud. Sans être ésotérique, quand on chante Salve Regina, c’est aussi une aspiration à la spiritualité. En 2025, qu’est-ce que cela veut dire? Peut-être que cela touche aussi les femmes. Quelle femme en moi cela touche quand je le chante? C’est également cela que nous voulons redonner au public.» 

Carine Séchaye note qu’avec l’orgue, il est possible «d’aller dans des choses plus spirituelles, mises en valeur par l’acoustique du temple Saint-Vincent. On peut avancer vers une espèce d’épure du mot que l’on prononce grâce à l’instrument».

Plus d’infos:
concerts-st-vincent.ch

«Trio saveurs», le 14 août à 20h30, temple Saint-Vincent, Montreux

" Léonie et Carine font la part belle aux compositrices Pauline Viardot, Cécile Chaminade et Mel Bonis. Leur musique convient aux voix et à l’orgue”

Olivier Borer
Organiste

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