Un Veveysan aux Mondiaux de «skimo»

Le Châtelois Malik Uldry apprécie les efforts au long cours. C’est d’ailleurs généralement dans les disciplines Individuelle et Verticale qu’il obtient ses meilleurs résultats. | L. Grabet

Châtel-Saint-Denis
Malik Uldry participera fin mars aux Championnats du monde Jeunes de ski-alpinisme. Le Châtelois devrait intégrer l’équipe nationale élite l’hiver prochain. Rencontre à quelques jours de son départ pour Puy-Saint-Vincent, en France.

«J’ai toujours été très compétitif. Quand je fais quelque chose, j’aime être bon…» Le ton n’est pas celui de la forfanterie, mais plutôt celui d’un simple constat. Malik Uldry aime «monter dans les pulses» avant de pouvoir «mériter» sa descente.

Le Châtelois de 19 ans vient de boucler sa journée au gymnase de Bulle. Le temps d’engloutir un repas et le voilà déjà attablé sur la terrasse du Rosalys aux Paccots. Une fois l’interview achevée, il enchaînera en deux heures, comme à son habitude, quatre montées de 400 m de dénivelé chacune jusqu’au sommet du Pralet et autant de descentes! L’espoir de l’équipe suisse U20 de «skimo» (pour ski mountaineering en anglais, ski-alpinisme en français) est très motivé. 

Sa fin de saison s’annonce riche en défis. Du 25 au 29 mars, Malik disputera ses seconds Mondiaux U20 dans les Hautes-Alpes françaises, à Puy-Saint-Vincent. Après avoir décroché les places d’honneur la saison passée à Morgins, il espère cette fois-ci accrocher un podium, même s’il sait que cela sera «dur et aléatoire». Il a aussi bon espoir d’être invité à participer à la Coupe du monde élite de Villars-sur-Ollon début avril. «Les bons résultats enregistrés cette année pourraient m’ouvrir cette porte. Ce serait alors une belle occasion de me situer dans cette catégorie, où je suis amené à concourir dès l’hiver prochain», souligne le jeune skieur.

Il s’alignera ensuite sur sa première Patrouille des Glaciers avec ses amis de la sélection nationale, le Valaisan Théo Voutaz et le Fribourgeois Arno Mooser. Du 13 au 19 avril, leur patrouille sera la plus jeune de l’histoire à participer à la mythique épreuve. Le Châtelois rêve de la gagner un jour. «Elle me correspond bien. L’effort à fournir est très sympa et très agréable», estime-t-il. L’an dernier, à la surprise générale, le trio s’était imposé dans la catégorie populaire de leur premier Super Trophée du Muveran.

Gros volume d’entraînement

Malik Uldry est de nature calme et mesure 1m88 pour 70 kg, un gabarit idéal dans un sport où chaque gramme compte. En 2025, son compteur a enregistré 750 heures d’entraînement, soit 11’140 km pour un dénivelé positif de 276’000 m. Ce total astronomique a été avalé à peaux de phoque, mais aussi à vélo, son autre grande passion. Cette année, il est monté en puissance en s’adjugeant un titre de champion suisse en Verticale à la Berra, puis une seconde place en Individuelle lors d’une manche de Coupe du monde en Allemagne.

Cela fait presque 8 ans que le jeune homme pratique son sport. Il l’a découvert vers 12 ans en suivant la trace de son papa du côté du col de Lys ou du Teysachaux. «Avant, j’avais fait pas mal d’alpin au Ski-club de Châtel-Saint-Denis et même une année à Ski Romand. J’ai aimé ces immersions en pleine nature et cette liberté de pouvoir se choisir un itinéraire hors-piste. Je voyais aussi que j’avais de la facilité en montée, alors ça m’a motivé à en faire plus pour voir si je pouvais vraiment être fort!»

Malik Uldry se prend vite au jeu et monte les échelons un à un. À 15 ans, il intègre le Centre régional de ski alpinisme. Là, il est labellisé «talent local», puis «talent régional» et enfin, «talent national» il y a trois ans.

Il aimerait vivre un jour de son sport, mais sait que ce privilège n’est réservé qu’à de rares athlètes du calibre de son modèle gruérien Rémi Bonnet. La présence du ski alpinisme aux derniers JO lui semble être un bon signal pour la suite, même si comme certains puristes, il aurait préféré qu’une épreuve plus longue que le Sprint soit choisie. Mais Malik Uldry a la tête sur les épaules et ne mise pas tout sur son sport. L’année prochaine, il souhaite intégrer soit l’EPFL, soit l’Université de Fribourg, pour étudier les mathématiques.

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