Une décennie à danser au son du bandonéon

Le pas est assuré sous le Couvert des Mousquetaires à La Tour-de-Peilz. | R. Barroso

Danse et musique
La Riviera Tango Fiesta est devenue un incontournable pour les aficionados. Ce festival accueillera jusqu’à dimanche toutes celles et ceux qui ont participé à son succès depuis ses débuts.

Vevey et La Tour-de-Peilz vibreront une nouvelle fois au son des mélodies argentines. Pour sa 10e édition, le rendez-vous estival des amoureux du tango retrouvera ses trois lieux favoris. «Et tous les artistes qui ont participé de près ou de loin à la manifestation depuis 10 ans, souligne Cédric Basso, président de l’Association Riviera Tango et co-fondateur du festival avec Eloïse Weiss Dubray. Nous avons voulu concentrer tout ce que nous avons déjà présenté.»

Au programme, concerts et spectacles gratuits, au chapeau, au Théâtre Oriental, après-midi et soirées dansantes à la Salle des Remparts et au Couvert des Mousquetaires, ainsi qu’un séminaire de deux jours pour les danseurs et danseuses confirmés. Avec entre autres, un couple de maestros argentins qui vient pour la troisième fois, Alejandro Larenas et Marisol Morales, ainsi que des Italiens qui eux seront là pour la première fois, Letizia Messina et Demetrio Scafaria. À noter encore: la soirée asado du dimanche – spécialité sud-américaine de grillades – est déjà complète.

Petit, mais reconnu

Cédric Basso se souvient des débuts de Rivera Tango Fiesta. «C’était dans le Jardin Roussy à La Tour-de-Peilz. Nous avons reçu l’autorisation de poser des planches dans le parc un après-midi. Nous étions près du lac et voulions profiter de l’été.» L’après-midi s’est transformé en soirée, puis en week-end, pour finalement donner naissance à un événement qui se déploie sur plusieurs jours, avec des danseurs et des musiciens. «Avec la pandémie, nous avons dû diviser la danse et la musique en deux segments différents, afin de continuer à exister, signale le professeur de tango. Toutes les éditions ont ainsi pu avoir lieu durant cette période. Et nous avons gardé cette formule depuis.» 

2023 a été «une année record», avec plus de 800 festivaliers dansant lors des milongas, les fameux bals dédiés au tango, et assistant aux différents concerts. «Nous sommes un petit festival, mais connu et reconnu. Notre credo: venez comme vous êtes. En robe de gala, bas résille et talons aiguilles ou en jeans, t-shirt et baskets. C’est une fête d’été!» Il y a 10 ans, le Veveysan italo-suisse cofondait aussi une école, CocoGardel Tango Studio, un clin d’œil à Coco Chanel et Carlos Gardel, «pour jouer avec les origines françaises du chanteur, et pour nous démarquer, car cela ne sonne pas espagnol. Et puis coco, cela signifie également <le gars> en argentin.» 

Rien ne le prédestinait pourtant à danser. Diplômé en littérature anglaise contemporaine, parti travailler en tant que scénariste au Portugal, il s’est réveillé un matin en se disant: «Je dois me mettre au tango. Est-ce parce que j’ai de la famille en Argentine ou parce qu’à cette époque j’ai vu le film La leçon de tango? Est-ce parce qu’en lisant Tintin, j’ai confondu Buenos Aires et Saint-Nazaire? Je ne sais pas. Cette vocation m’est venue du jour au lendemain.» Danseur, DJ, il a su se faire une place dans le milieu en devenant «un homme-orchestre».

 

www.cocogardel.ch/riviera-tango/rtfi/  

Riviera Tango Fiesta, du 17 au 21 juillet à Vevey et La Tour-de-Peilz