Une décennie d’aide à des paysannes sénégalaises

Plus d’une centaine de femmes travaillent dans les plantations qui comptent principalement des mangues et des papayes.  | LDD

Montreux
Un groupement de femmes africaines subvient à ses besoins grâce aux dons recueillis par la Fondation Ibrahima Diop. Le bénéfice d’un concert avec -M- prévu prochainement leur sera attribué.

«Aussi loin que je me souvienne, je vois mon père, fonctionnaire au Sénégal, aider les autres. Quelquefois, il allait même jusqu’à priver un peu sa famille, ma mère et la fratrie de huit enfants dont je suis l’aîné, pour donner à des gens moins bien lotis que nous. Ma maman aussi était très généreuse», confie Alioune Diop. 

Originaire du Sénégal, marié et installé depuis 30 ans en Suisse, il a suivi les traces parentales. «Je me suis toujours dit que quand je serai grand, je ferai la même chose que mon père.» Il a créé il y a juste dix ans cette année à Montreux la Fondation Ibrahima Diop, du nom de son géniteur.

«Notre fondation développe des infrastructures de culture maraîchère et fruitière en faveur d’une coopérative du village de Ndakhar Mbaye, près de Thiès, deuxième ville du Sénégal», poursuit celui que les Montreusiens nomment affectueusement «Badou».

Très intégré depuis toujours sur la Perle de la Riviera, Alioune Diop, 60 ans et employé à l’aéroport de Genève, fut conseiller communal sous la bannière Montreux Libre. Il est membre de la Commission consultative pour la cohésion sociale et l’intégration, organe consultatif de la Municipalité. «Je suis un p’tit gars de Montreux», annonce-t-il fièrement.

«Notre fondation est très soutenue par la Commune, beaucoup de particuliers, au premier rang desquels Thierry Waelli, médecin, notre ancien président et membre d’honneur. Et d’institutions comme le Montreux Jazz Festival par exemple ou notre parrain Matthieu Chedid (voir encadré)». La structure est aujourd’hui présidée par le Montreusien Emmanuel Gétaz, actif dans l’événementiel.  

Favoriser l’autonomie

Particularité de la Fondation Ibrahima Diop, ses actions se dirigent exclusivement vers la gent féminine, plus d’une centaine âgées de 17 à 70 ans. «L’objectif est de faciliter un meilleur accès au travail, ainsi qu’une plus grande autonomie économique et sociale», explique Badou. 

Ces femmes travaillent depuis une décennie sur une structure agricole construite sur un terrain de 4 hectares, acquis par la fondation. L’infrastructure a été adaptée à l’agriculture maraîchère: irrigation, électricité, outils, serres, panneaux solaires, etc. Récemment un forage a été réalisé.

Sur le terrain, ce sont 600 manguiers et un hectare de papayes qui ont été plantés. Outre ces fruits bio, les paysannes font aussi pousser des légumes: piments, aubergines, etc. Elles sont formées aux techniques modernes d’agriculture et à l’exploitation des cultures en toute saison. 

«Tout ceci leur permet d’accroître leurs revenus de 50%. Ce qui est très utile pour la scolarisation des enfants et le financement de leurs soins», mentionne Alioune Diop, qui précise que 30% du produit des ventes revient à la fondation pour les achats, les services et son fonctionnement. 

Le comité est désormais tourné vers la création d’une installation pour sécher les mangues et les commercialiser par quartiers. Ce nouveau projet demande à être financé. «Notre philosophie est de faire avec ce qu’on a et avec ce que l’on nous donne. Et après, on s’adapte avec cet argent sur la réalisation, et sur plusieurs années, si nécessaire.» Et Badou de conclure: «Chaque don est important. L’engagement profond de tous est fondamental. Toutes les personnes qui nous soutiennent aiment l’Afrique et ses habitants, leur sont dévoués, font partie de notre famille. Une belle et grande famille.» 

fondationibrahimadiop.org

-M- le parrain

-M-, alias Matthieu Chedid, n’est autre que le parrain de la Fondation Ibrahima Diop. Le chanteur et guitariste français a décidé d’offrir un concert exceptionnel le samedi 8 mars «date de la Journée internationale des femmes» à la Salle Métropole de Lausanne (20h30). En première partie, Grégoire Maret (harmonica) et Vincent Peirani (accordéon) se produiront en duo. Tout le bénéfice de cette soirée ira au profit de la fondation. livemusic.ch/evenements/m/ Billets en vente également sur ticketcorner.

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