Une défaite trop sévère pour Monthey

Frustré, le coach de Monthey Lucien Dénervaud n’a pas épargné l’arbitre dans son commentaire d’après-match. | B. Monnard

Football
Samedi, les Chablaisiens ont perdu 3-0 contre Lancy, le leader de première ligue alors qu’ils ont galvaudé de nombreuses occasions.

La lourde défaite 0-3 subie samedi par Monthey contre Lancy, le leader de première ligue, est particulièrement cruelle, car le score ne reflète en rien la physionomie de la rencontre. Lors de presque l’entier de la première mi-temps d’un duel enlevé, plaisant à regarder, entre deux équipes techniques, ce sont les Valaisans qui ont eu les meilleures occasions, au nombre de trois au moins. Puis tout a basculé sur un coup du sort. Au pire moment, à quelques secondes de la mi-temps, l’arbitre jurassien Arber Smajli a sifflé un penalty très contestable pour un tacle d’un Montheysan, alors que l’attaquant adverse avait déjà perdu le ballon. 0-1, contre le cours du jeu.
À la fin du match, l’entraîneur montheysan, le si fair-play et calme Lucien Dénervaud laissait parler son amertume. «Il m’arrive rarement de parler de l’arbitre, mais là, je n’ai pas aimé, son arrogance en particulier. Sur la même action, il devait mettre un carton jaune à un Genevois pour une grosse faute.» Un avis partagé par Julio Tejeda, son président. «Malheureusement, nous n’avons jamais de chance avec les arbitres romands.»
Comme sonnés par cette injustice, les Montheysans n’ont jamais trouvé la force de réagir et ont ensuite été dominés. Le 0-2 à la 72e a porté le coup de grâce et le troisième but dans les arrêts de jeu ne fut qu’anecdotique.

De l’amertume
Après avoir vu ce match, on ne s’étonne plus vraiment que Lancy, pourtant néo-promu, occupe la tête du classement. Très vive, habile balle au pied, l’équipe genevoise joue tout en passes courtes, à la barcelonaise, et se montre d’une redoutable efficacité: trois occasions, trois goals.
L’entraîneur Samir Boughanem savourait son bonheur au stade Philippe Pottier. «En début de saison, notre objectif était le maintien, mais maintenant, on devient plus gourmands.» Plusieurs joueurs sont issus du centre de formation de ce club qui, avec 1’500 jeunes, est le plus important de Suisse. Un bel exemple.
Même Lucien Dénervaud, malgré la déception, reconnaissait les mérites de l’adversaire du jour. «On sent chez eux des gars en pleine confiance en ce moment, alors que nous avons pêché à la finition. Leurs remplaçants ont su faire la différence alors que les nôtres n’ont rien apporté», tranchait-il sans prendre de gants.

Mauvais départ
Alors que Monthey visait le haut du classement cette saison, l’équipe végète pour l’heure à une médiocre 11e place sur 16, après onze journées. Avec, certes, des circonstances atténuantes. «En août, entre les blessés et les joueurs en vacances, il y avait trop d’absents, c’était très pénible, poursuit l’entraîneur. En septembre, en revanche, nous avons récolté huit points en quatre matches, dont une belle victoire contre Echallens.» C’était avant le coup d’arrêt de samedi.
Julio Tejeda garde pourtant toute sa confiance en son jeune et ambitieux entraîneur qui, en 2022, avait mené Bulle en Promotion League et qui opère comme consultant sur Blue TV. «Cédric est un rassembleur, aussi exigeant avec lui-même qu’avec son équipe.»
Julio Tejeda, enfant de Monthey, ex-joueur de LNA avec Saint-Gall et Zurich notamment, a succédé à Dominique Farronato au poste de président en début de saison. Avec la même philosophie que son prédécesseur: jouer la carte des jeunes Valaisans, de la région en particulier. «D’autres équipes de première ligue misent sur des «mercenaires»,alors qu’à Monthey nous restons de purs amateurs. Cette saison, nous avons simplement ajouté quatre nouveaux joueurs à l’effectif, dont Evan Berrut, ex-espoir des M21 de Sion, originaire de Troistorrents.»
Cette semaine sera très importante pour Monthey avec deux matches à l’affiche: ce mercredi contre La Sarraz et dimanche à Genève contre les M21 de Servette.