
Krysia Cinelli et l’Association Elewa-Africa sont en train de concrétiser un projet d’école dans le nord-est de la Tanzanie. | DR
Krysia Cinelli a eu l’illumination lors d’un voyage en famille en Tanzanie. La culture maasaï, avec ses sourires, sa générosité, le détachement du matériel. «Une certaine formule du bonheur», selon les termes de l’habitante d’Ollon.
Elle y retournera plusieurs fois pour mieux connaître ce peuple, apprendre suffisamment de sa langue pour échanger, partager son quotidien «de communauté oubliée du gouvernement tanzanien». Elle observe le manque d’accès à l’eau et à l’instruction, les maladies, la mortalité infantile. C’est d’ailleurs le décès d’un enfant avec qui elle s’était liée qui marque le tournant.
Ainsi est née l’Association Elewa-Africa en 2013, de «elewa», «comprendre, savoir, avoir connaissance» en kiswahili, la langue nationale de la Tanzanie. Et son dernier projet, une école dans la région de Lesoit, est en bonne voie grâce à une aide financière – non précisée – de la Banque Cantonale Vaudoise, par le biais de son programme BCV Solidarité, qui soutient chaque année un projet humanitaire.
L’eau d’abord
«J’ai proposé à cinq amies de nous réunir pour transformer le décès de cet enfant en quelque chose de positif.» Quelques-unes ont démissionné depuis, mais ses filles ont pris le relais.
L’association s’appuie notamment sur les cotisations des membres et les dons de privés, dont la Fondation Jack Guberan, partenaire fidèle. Les efforts sur les marchés, lors des soupers de soutien ou les retombées de la course Cari-Run à Ollon complètent le bas de laine.
L’association décide de se concentrer en premier lieu sur l’accès à l’eau. Quatre puits ont vu, bon an mal an, le jour dans le district de Kiketo, au nord-est du pays. «Le dernier, il a fallu forer cinq fois pour trouver de l’eau en suffisance, mais nous y sommes arrivées.»
Aujourd’hui, Elewa-Africa a décidé d’étendre son champ d’action, d’où le projet d’école. «Les fondations de l’établissement, qui comptera dix bâtiments, sont en voie de finalisation, explique Krysia Cinelli depuis la Tanzanie, où elle est arrivée en juillet dernier pour superviser les opérations. L’école est prévue pour 250 enfants, 280 au maximum, avec deux classes enfantines et des autres allant de la 1re à la 6e primaire.»
Première rentrée en 2027
Un bâtiment administratif, une cantine avec cuisine et des logements pour les enseignants sont également planifiés. «Nous prévoyons un semestre d’essai en août 2026 (ndlr: la rentrée est en janvier en Tanzanie) et la première rentrée officielle en 2027.»
Enfin, la Fondation Guberan prendra en charge le réservoir souterrain de 150’000 m3 pour la récolte de l’eau de pluie et l’installation d’une pompe alimentée par des panneaux solaires. «Nous sommes toutefois encore à la recherche de fonds pour construire quatre appartements supplémentaires pour les enseignants.»
