
Camille Balanche s’est dit ravie de sa 6e place au vu des conditions. Elle a surtout apprécié l’ambiance dans l’aire d’arrivée, avec un fan club qui l’a fêtée pour sa dernière apparition aux Mondiaux. | DR
Dimanche, au Grand Paradis à Champéry, par un temps de rêve et devant une foule record (plus de 15’000 spectateurs sur le week-end), la descente des Mondiaux de VTT a donné lieu à un suspense à couper le souffle. Partie en dernière position, l’Autrichienne Valentina Höll a remporté son 4e titre consécutif en devançant d’une soixantaine de centièmes la Française Myriam Nicole, longtemps leader.
L’essentiel était pourtant ailleurs pour les milliers de spectateurs agitant des drapeaux suisses dans les trois tribunes archi-pleines. Ils étaient surtout là pour dire au revoir à Camille Balanche, légende de ce sport, championne du monde en 2020, vainqueure du classement général de la discipline en 2022, et qui a pris part à ses derniers Mondiaux, conformément à sa récente annonce selon laquelle elle arrêterait en fin de saison.
Moment de folie
«Faites du bruit, vous êtes magnifiques», a lancé le speaker au public quand, après une heure de course, la Neuchâteloise de 35 ans s’est élancée du haut de ce vertigineux toboggan, la piste la plus abrupte du monde. Un immense frisson a parcouru l’aire d’arrivée. Un pur moment de folie.
La ligne franchie, Camille a lancé ses lunettes dans la foule. Elle a pris une sixième place d’autant plus honorable que les conditions très sèches régnant dimanche n’ont jamais convenu à son style. «J’aurais préféré qu’il pleuve, maintenant je vais rentrer chez moi pour m’occuper de mon chat», plaisantait-elle.
Dans l’aire d’arrivée, tous les micros étaient tournés vers la Neuchâteloise. «Je suis déjà contente d’être en bas», lançait-elle. Cet ultime championnat du monde disputé chez elle en Suisse était forcément chargé d’une émotion très particulière, après huit saisons de succès. «Ma décision d’arrêter, je ne la regrette pas. Je ne me sens pourtant pas encore en mode <fin>, puisque je reste focalisée sur les dernières courses de la saison, à Lenzerheide notamment. Mais voir tellement de monde, mes amis, ma famille, c’était très fort.»
Parmi les plus émus, Gérard, son papa, ex-champion de saut à ski. «Avec ce dernier Mondial disputé à la maison, Camille ne pouvait rêver mieux. Au moins, à l’avenir, je n’aurai plus la boule au ventre à chacune de ses courses.»
Les Suissesses bredouilles
Malgré le soutien de ce public épatant, les Suissesses sont reparties bredouilles de cette descente. Championne d’Europe sur cette piste l’an dernier, Lisa Baumann (24 ans), l’autre Neuchâteloise, a dû se contenter d’une cinquième place après avoir pu longtemps croire au podium. «Je la voulais tellement cette médaille, je suis hyper déçue», soupirait-elle dans l’aire d’arrivée, en pleurs, inconsolable. C’est Camille, image très touchante, qui l’a longtemps prise dans ses bras pour lui remonter le moral.
Pumptrack vendredi
Vendredi, à Monthey, lors du pumptrack, autre événement phare disputé dans le Chablais, la Bernoise Christa von Niederhäusern, trois fois championne du monde, avait vu le titre lui échapper pour deux minuscules centièmes au profit de la Tchèque Sabina Kosarkova, en or comme la saison précédente. Jamais un si faible écart n’avait séparé deux candidates au titre.
Avec du recul dimanche, la Suissesse, médecin au civil, n’avait pourtant aucun regret. «Deux centièmes, c’est presque rien. Mais j’ai revu ma course à la vidéo et je suis fière de ma performance. De toute ma carrière, je n’avais jamais disputé une épreuve de pumptrack devant une foule pareille. J’ai eu un immense plaisir à rouler dans cette ambiance.»
Ces Mondiaux disputés à travers tout le Valais se poursuivent jusqu’à dimanche.
