Une nouvelle codirection pour swisspor Romandie

Jacques Esseiva (à dr.) et Lionel Pasquier, les deux nouveaux codirecteurs de swisspor Romandie, se connaissent bien. Ils travaillent ensemble depuis déjà deux ans.  | B. Fellay

Châtel-Saint-Denis
Les nouveaux dirigeants ne comptent pas chambouler un modèle qui fonctionne. Lionel Pasquier et Jacques Esseiva misent sur une expansion de leur entreprise ces prochaines années

Depuis le 1er février, le fabricant d’isolations pour bâtiments châtelois swisspor Romandie a des nouveaux codirecteurs. Du côté de la technique, on retrouve Jacques Esseiva, et du côté des ventes Lionel Pasquier. Les deux responsables ont la charge de remplacer Edouard Logoz, parti à la retraite après 38 ans de loyaux services.
«Il était évident que le nouveau directeur général viendrait de l’interne, donc que ce serait Lionel ou moi. Nous avons décidé de reprendre le flambeau ensemble en restant chacun à la tête de notre secteur», explique Jacques Esseiva.


Le chemin de l’indépendance
Les deux hommes reprennent une entreprise financièrement solide. Non cotée en bourse, swisspor est une société familiale en expansion. Elle ne rend toutefois pas ses chiffres publics. Son projet de construire une nouvelle usine à Payerne est toujours d’actualité, malgré de nombreuses oppositions. Swisspor prévoit d’y investir 200 millions de francs et de créer une centaine d’emplois. «Nous voulons y produire de la laine de pierre. Cet isolant thermique est l’un des derniers produits que nous ne fabriquons pas nous-mêmes, et nous voulons devenir complètement indépendants», affirme Jacques Esseiva.


Avant Payerne, Châtel-Saint-Denis a déjà profité de cette stratégie de diversification. En 2007, swisspor y comptait 45 employés. Depuis, elle s’est agrandie. L’entreprise a abandonné son usine historique et en a construit deux nouvelles: la première pour produire du polystyrène expansé, la deuxième pour du polyuréthane (ndlr: tous deux des isolants). Swisspor emploie aujourd’hui plus de 150 personnes à Châtel-Saint-Denis.


Un tel dynamisme dans la région s’explique par le fait que les isolants doivent être produits près de l’endroit où ils seront utilisés. «Notre marché est un marché de délai. Nos clients ne peuvent pas stocker nos produits sur leurs chantiers et doivent pouvoir être livrés pour le lendemain en fonction de la météo, précise Jacques Esseiva. Nos produits sont aussi volumineux, les transporter sur de longues distances générerait des coûts élevés.»


40 usines en Europe
Swisspor a été créée en 1971 par les frères Alpstaeg à Boswil, en Argovie. L’entreprise est restée aux mains de la famille jusqu’à aujourd’hui. En 1987, ils achètent l’usine Luxit isolation à Châtel-Saint-Denis, qui deviendra swisspor Romandie. Cette dernière a gardé son siège dans le canton de Fribourg et dispose d’une grande autonomie décisionnelle.


Le siège principal du groupe se situe aujourd’hui dans le canton de Zoug. Le groupe swisspor, auquel est rattaché swisspor Romandie, dispose de 40 usines en Europe qui produisent toutes pour leur région. Swisspor Romandie parvient à exporter jusqu’en région lyonnaise, en Alsace et en Italie du Nord.