
Jean-Maurice Mayencourt s’est plu à ressusciter Victor De Régis à travers des photos et objets trouvés par le petit-fils de l’alpiniste chevronné. | K. Di Matteo
C’est l’une de ces trouvailles de cave ou de grenier qui comportent son lot de magie. On ouvre une boîte poussiéreuse et c’est comme s’il en sortait un halo de lumière pour ramener à la vie une histoire oubliée. C’est ce qui est arrivé à Jean-Christophe Wyss, à Yvorne, en découvrant des bribes du passé de son grand-père, Victor De Régis.
Dans les cartons, des récits de courses de montagne d’avant-guerre et un stéréoscope pour visionner des «couples de vues». Plusieurs centaines de ces «photos» 3D sur verre attendaient patiemment, réparties dix par dix dans des mini-boîtes cartonnées. Sur le couvercle de chacune, une annotation au stylo: «Prafandaz», «Luan et les environs», «la Dent Jaune», «Loetschental», «Luisin, 1935», etc.
Lorsque la mémoire locale Jean-Maurice Mayencourt a appris l’existence de ce trésor, il n’y a pas réfléchi à deux fois: il veut faire découvrir ces souvenirs au plus grand nombre. Avec l’accord des descendants De Régis, son travail sera visible lors de la Fête au village d’Yvorne, prévue sur la place du Torrent du 6 au 8 septembre.
Une suite logique
Dans l’ancienne laiterie, l’exposition «Yvorne au fil du temps» combinera le travail de Jean-Maurice Mayencourt et une projection vidéo de scènes de vie d’antan, filmées à l’époque par Jean Dupertuis et sélectionnées pour l’occasion par Jean-Louis Tabord, autre mémoire locale du village.
Pour Jean-Maurice, ce travail est une suite logique après les dizaines de pages qu’il a consacrées à l’histoire du téléski de Luan (voir édition 111, 28 juin 2023). Son papa Marcel et Victor De Régis avaient contribué à ce projet un peu fou avec trois amis. «J’ai connu Victor, il me parlait souvent de montagne», explique-t-il.
Pour ce faire, l’exposition comportera plusieurs panneaux réunissant des passages des récits de courses, rédigés par deux compagnons de cordée. On y apprend notamment que Victor avait la «détestable habitude de chanter et siffler des airs démodés» et le juron facile lorsqu’une prise lui restait dans la main.
«Le leader a heureusement la clef de tous les passages, lit-on encore, il se faufile, vif et adroit, se transforme en ramoneur.» Ou encore: «L’allure est réglée par le Grand Victor dont les compas n’ont pas de pitié pour nous.»
Les clichés remontent aux années 1939-49, dont le dernièr illustrant la course à la Meije, dans le massif des Ecrins. Les plus beaux, développés sur papier et tirés sur bois, racontent également les conditions de ces photographes des cimes. «Ils partaient avec leurs plaquettes en verre dans le sac et c’était un sacré challenge de faire des photos nettes.»
Fête au village «Les Olympiades» à Yvorne, du 6 au 8 septembre, place du Torrent.
