
«Ce n’est qu’une idée pour l’instant», a tout de suite prévenu Caroline Ganz de Meyer, municipale à Ollon, lors du Conseil communal de vendredi. Non pas qu’elle n’y croie pas, bien au contraire, mais le scénario en est à ses balbutiements: la Commune de Bex n’était pas au courant et aucune étude n’est lancée. L’idée en question? Créer une voie aérienne de Bex vers le plateau de Villars avec un arrêt intermédiaire aux Mines de Sel!
Caroline Ganz de Meyer n’avait probablement même pas l’intention de lâcher cette petite bombe vendredi soir, mais le dépôt d’un postulat par Steve Becholet (Les Vert·e·s), demandant l’étude d’une voie aérienne depuis Saint-Triphon conjuguée à une réouverture de la gare et de la création d’un parking P+R, lui a tendu la perche. «Lorsque les Mines de Sel ont suggéré un P+R à la gare de Bex avec un système de navettes pour monter leurs visiteurs toujours plus nombreux sur le site, nous avons proposé cette idée de télécabine avec une station intermédiaire chez eux.»
Sur le papier, le projet fait sens. Le nombre de visiteurs des Mines de Sel a doublé ces dernières années et les problèmes d’engorgement de l’A9 lors des pics d’hiver, avec leurs effets collatéraux sur les voies latérales et notamment sur les routes vers Villars, sont connus de tous. Confronté à un ras-le-bol croissant, le Canton avait d’ailleurs pris les choses en main à l’automne 2024 en créant un groupe de travail pour élaborer une stratégie. Et si l’idée boyarde entrait pleinement dans cette vue?
Une idée pas si nouvelle
Mais pourquoi depuis Bex? En premier lieu par manque de site adéquat sur le territoire d’Ollon, suffisant en place et proche d’une gare. L’idée d’une voie aérienne vers Villars depuis Ollon ou Saint-Triphon est d’ailleurs ancienne, mais n’a jamais trouvé de faisabilité.
«La position de la Commune d’Ollon est que si une réflexion devait se faire par rapport à une télécabine depuis la plaine, la solution la plus envisageable serait de partir de Bex avec un arrêt intermédiaire pour desservir les Mines de Sel», reprend Caroline Ganz de Meyer. Qui ne cache pas que l’appui financier de Salines suisses, propriétaire du site bellerin, serait un gros plus.
Il faudra par ailleurs, comme l’a clairement laissé entendre lors de cette soirée le municipal boyard Philippe Pastor, convaincre Canton et Confédération, car sans subventions pas de projet. «Ollon n’en a pas les moyens.» Pour cela, il faudra prouver l’intérêt public, et non seulement touristique, d’une éventuelle télécabine.
Le Conseil communal a littéralement applaudi l’idée des deux mains et accepté le postulat modifié en demandant d’étudier l’idée d’un P+R et d’une télécabine au départ «de la plaine», et en oubliant celle de pousser vers une utopique réouverture de la gare de Saint-Triphon.
De son côté, Michael Dupertuis, municipal des transports à Bex, juge l’idée «intéressante» et se dit «impatient d’être contacté pour pouvoir en discuter».
