
Le jour de l’incendie, des amis sont venus rapidement aider l’agriculteur pour rassurer et charger les vaches dans des bétaillères. | F. Cella – 24 heures
«On sait que ça arrive, mais on ne peut pas s’imaginer que ça va nous arriver à nous. C’est très difficile. J’ai beaucoup de mal à l’accepter.» Ému au téléphone, Julien Mottier a tout perdu au lever du jour de ce funeste 21 juillet.
Un incendie énorme a dévasté son installation agricole de Saint-Triphon, située pile à l’intersection de la route de Collombey et du chemin des Grandes Îles d’Amont; juste après la sortie autoroutière Monthey-Sud.
Le feu avait nécessité l’intervention massive de plus de 60 pompiers de 6 compagnies vaudoises et valaisannes. S’ils ont pu circonscrire le brasier assez vite, les bâtiments ont toutefois été détruits et le matériel agricole n’existe plus, tout comme la nourriture pour les animaux.
Deux jours plus tard, la Commune d’Ollon confirmait que la ferme était totalement détruite. «Les deux nuits qui ont suivi l’incendie, la paille est repartie en feu nécessitant l’intervention des pompiers. Les services communaux ont œuvré afin d’inonder cette paille.» Des efforts importants ont également été diligentés par la Protection civile pour récolter dans les champs alentour d’innombrables fragments de panneaux photovoltaïques qui recouvraient la ferme.
Fraternité paysanne
Heureusement, aucune personne n’a été blessée lors de cet accident. «Les 36 vaches présentes à l’intérieur du bâtiment ont pu être sauvées, sauf deux oies qui ont été la proie des flammes», précise Julien Mottier. Il symbolise la troisième génération d’exploitants de cette ferme, propriété de la Commune. La Moutonnerie a été édifiée pendant la guerre de 39-45 sur les terrains de la plaine du Rhône, alors défrichés par les internés prisonniers polonais. L’exploitation avait été agrandie en 2010, la Commune débloquant alors plus de 2,2 millions de francs.
Le matin du 21 juin, le paysan boyard a été aidé par une dizaine d’hommes et femmes accourus de partout. Une première preuve de solidarité. Ensemble, ils ont pu charger la trentaine de bovins présents dans des bétaillères. L’incendie aurait pu être tragique s’il s’était déclaré à une autre saison. Les 90 autres bêtes du paysan – des génisses – sont actuellement à l’alpage, au col de la Croix.
Toujours grâce à l’aide de ses pairs, Julien Mottier, seul exploitant de La Moutonnerie, a immédiatement trouvé un lieu d’accueil pour les 36 vaches restées en plaine. «Une partie est chez ma sœur à La Lécherette. L’autre dans la campagne fribourgeoise, à Sâles.» La fraternité paysanne a encore joué.
«Je me sens moins seul»
Dans les heures qui ont suivi l’incendie, des proches ont alerté de la situation sur les réseaux sociaux. Rapidement, un groupe de citoyens a mis en place une collecte de fonds pour soutenir Julien Mottier. Chacun peut donner 10, 25, 50 francs ou plus. Cette cagnotte compte actuellement plus de 28’000 francs remplie par 500 donateurs. «Je n’aurais jamais pensé qu’il y puisse y avoir un tel élan, et si rapidement pour me venir en aide. Ça me fait beaucoup de bien. Je me sens moins seul», poursuit le paysan.
En attendant les conclusions de l’enquête pénale et du rapport de l’Établissement cantonal d’assurance, cette manne généreuse ne sera pas de trop. Julien Mottier devra déjà «acheter pas mal de nourriture pour les animaux, payer les pensions et, après la désalpe, trouver des places pour l’hivernage. Il me reste encore 20 bêtes sur 120 à placer».
Quid de l’avenir de l’exploitation? Une ferme sera-t-elle reconstruite sur les cendres de la précédente? «Je l’espère évidemment, mais ce n’est pas de mon ressort», relève l’exploitant. La Commune, elle, informe par la voie de son syndic Patrick Turrian: «Nous ne pouvons donner aucune information, car une enquête pénale est en cours. C’est la procédure légale. Nous n’avons rien à communiquer non plus sur ce que nous ferons ultérieurement sur cette parcelle.» On note néanmoins que sur sa page Facebook, «la Commune adresse toute sa sympathie à son exploitant, Julien Mottier. Elle reste à sa disposition pour tout soutien qu’elle peut lui apporter». Encore une preuve de solidarité.
Plus d’infos:
www.happypot.ch/
