
Les Jaune et Bleu ne sont pas passés loin d’égaliser à plusieurs reprises lors de cette partie jouée devant 2’000 spectateurs. | asproduction.ch / Vevey-Sports
Ce qui fait le charme des premiers tours de la Coupe de Suisse, c’est qu’ils donnent souvent lieu à des affrontements entre David et Goliath. C’était le cas dimanche, au stade Bel-Air de La Tour-de-Peilz où Vevey, pensionnaire de Promotion League, recevait le Lausanne-Sport, l’un des ténors du foot suisse, un derby vaudois très attendu. Et dans une ambiance à la fois festive et bon enfant, devant près de 2’000 spectateurs, le rendez-vous a tenu toutes ses promesses.
Logiquement, Vevey a fini par s’incliner, mais non sans avoir fait trembler le LS jusqu’au bout, dans des dernières minutes à suspense. À la fin du match, Metin Karagülle, le nouvel entraîneur veveysan, était partagé entre deux sentiments. «Je suis déçu, car nous nous avons raté de belles occasions, mais en même temps très fier de mon équipe, car nous avons été à la hauteur de l’événement contre cette belle formation lausannoise.»
Un Vevey fringant
Pour le LS, ce match était intercalé dans un calendrier surchargé entre deux rendez-vous de Coupe d’Europe, la belle victoire au Kazakhstan contre Astana en milieu de semaine dernière et la réception des Turcs du Besiktas Istanbul ce jeudi. Les hommes de Peter Zeidler n’ont pas eu la partie facile face à Vevey, comme le reconnaissait l’excellent défenseur Bryan Okoh, entouré par des dizaines de supporters. «Ce fut un vrai derby. Les Veveysans ont tout donné, ils ont beaucoup poussé dans les dernières minutes et on a dû rester concentrés jusqu’à la fin.»
Durant les 25 premières minutes, on s’est demandé laquelle de ces deux équipes évoluait au plus haut niveau, tant le onze veveysan était déterminé. Le virevoltant Yohan Aymon a ajusté le poteau et il a fallu plusieurs belles interceptions du gardien Thomas Castella pour empêcher les Jaune et Bleu de prendre un avantage mérité. Puis la hiérarchie s’est gentiment, mais sûrement, rétablie. Gaoussou Diakité a ouvert le score juste après la demi-heure au terme d’un joli numéro dans les 16 mètres. Puis le 2-0 signé Muhannad Al Saad juste avant la mi-temps a sonné comme une injustice.
Le LS s’est ensuite contenté de gérer en deuxième mi-temps dans un long monologue un peu ennuyeux. Premtin Gashi, le gardien veveysan a maintenu le suspense au prix de deux parades miracle. Et puis à la 86e minute, Yannis Kali, à peine entré, a réduit le score après une belle combinaison. Les supporters veveysans se sont d’un coup remis à y croire. Les encouragements ont résonné tout autour du stade et le LS a eu très chaud lorsqu’on a cru à un penalty à la suite d’une mêlée. En fin de match, l’égalisation n’est pas passée loin.
« Ça bosse bien »
Pour Filip Zuvic, l’excellent défenseur central de Vevey, cette rencontre avait un parfum de nostalgie, puisqu’il a fait ses débuts sur ce terrain de Bel-Air, avec les juniors de La Tour-de-Peilz, alors qu’il avait 8 ans. «Aujourd’hui, c’était magnifique! Nous avons perdu, certes, mais contre la plus belle équipe du canton qui, en plus, joue la Coupe d’Europe. À la mi-temps, on s’est remémoré notre dernier match de Coupe contre YB où nous avions remonté un déficit de deux buts en deuxième mi-temps et cela a failli marcher à nouveau.»
En championnat, Vevey a récolté un seul point en deux matches, mais Metin Karagülle continue à afficher un bel optimisme, certain que son équipe a le potentiel pour donner de belles émotions à son public durant toute la saison. «Ça bosse bien, j’ai une équipe généreuse avec plusieurs gamins de 16-17 ans. Des gars à l’écoute. Dans deux semaines, on retrouvera notre stade de Copet et j’espère qu’il y aura une ambiance similaire à aujourd’hui. Le foot doit rendre les gens heureux!» Une mission accomplie ce dimanche.
