
C’était l’époque bénie du Vevey Basket. L’équipe avait remporté son premier titre de champion suisse en 84, enchaîné trois victoires en Coupe, fait trembler le grand Real Madrid en Ligue des Champions. Les Galeries du Rivage ne désemplissaient pas. Le magicien Jim Boylan distribuait ses caviars, Dan Stockalper empilait les paniers. Dans le cinq de base figurait aussi Alain Etter un ailier aussi puissant que provocateur.
Père entraîneur, mère ex-internationale belge, Alain Etter avait le basket dans le sang. «Pas le genre à passer la balle quatre fois entre ses jambes. Alain, c’était plutôt un opportuniste. Avec ses presque 2 mètres et son physique corpulent, il n’avait peur de rien sous le panier», se souvient son ancien coéquipier Christophe Mani, dit Tchitch. Même avis chez Jean-Pierre Frei, qui a joué quatre saisons avec lui à Vevey, mais aussi en équipe suisse. «Doté d’un bon shoot, Alain a longtemps détenu avec 38 points le record du meilleur marqueur suisse en un seul match. Sous le panier, croyez-moi, il prenait de la place.»
L’imposant ailier cultivait sa réputation de sale tronche à la McEnroe volontiers provocateur. «Un peu arrogant, il aimait allumer les adversaires, ce qui faisait aussi sa force», poursuit Jean-Pierre Frei. «C’était également un bon vivant, fidèle à à la troisième mi-temps. Un grand buveur de bière, de Heineken surtout», sourit Tchitch.
En foot aussi, Vevey militait à l’époque en LNA à avec l’armada de Garbani, épouvantail des plus grands. «Le samedi, les gens venaient nous voir à 17h aux Galeries, puis ils montaient en Copet», raconte Christophe Mani. En proie à des difficultés financières, Vevey Riviera Basket n’a pas pu commencer cette saison comme prévu, faute de licence. Alain Etter, de là-haut, doit sans doute regarder cela avec mélancolie…
