Villeneuve se mue en spot romand de la pirogue tahitienne

The Paddle Club compte une dizaine de fans de va’a. L’équipe a prévu de s’aligner sur des compétitions en France.  | F. Cella – 24 heures

Du Léman à l’océan
The Paddle Club pratique le «Va’a» et s’engage sur des compétitions phares. Jocelyne Dinten et Vincent Marti rêvent en grand.

Une brise venue de Polynésie souffle sur le Léman. Et même de plus en plus fort. À Villeneuve, The Paddle Club, qui a décidé voilà quelques années de varier les plaisirs en s’adonnant à la pratique intensive du Va’a (une pirogue tahitienne à découvrir lors de la course «Molokai sur Léman» en juillet), a décidé d’accélérer la cadence.

«Historiquement, le Va’a était utilisé pour la pêche et la découverte de la Polynésie, explique le co-fondateur et président du club Vincent Marti, 56 ans. Aujourd’hui, c’est un sport avec des compétitions.» Et avec sa compagne Jocelyne Dinten (également co-fondatrice) et une petite dizaine d’autres adeptes, il est bien décidé à s’inscrire à quelques courses prestigieuses pour se frotter aux cadors tahitiens, français et allemands, sur mer ou océan. «Sans prétention, mais dans l’idée de ne pas faire pâle figure non plus», ajoute Jocelyne, 64 ans.

Une «Grenouille» sur l’Eau froide

Les deux Va’a du Paddle Club mouillent dans l’embouchure de l’Eau froide. Le premier V6 (pour six passagers) a été baptisé Te Rana, en tahitien «la Grenouille», le sobriquet des Villeneuvois. «Par extension, c’est devenu le nom de notre équipe», ajoute le couple de commerçants de la Grand-Rue. 

Le deuxième V6, 13 mètres de long, est arrivé il y a un mois. Démontable et transportable sur une remorque, il évitera d’en louer un, comme par le passé, pour prendre part à des événements hors-Léman. Des sponsors seraient la cerise sur le gâteau (voir encadré). 

D’autant que les ambitions sont grandes et le programme 2025 à l’avenant: sept étapes du Swiss Marathon Paddle Cup (qui propose des épreuves de Va’a), mais surtout le Vendée Va’a, l’une des grosses compétitions européennes, la course Fort Boyard, autour du célèbre fort, et le Te Aito, à Toulon. «Te Aito signifiant <les guerriers>», précise Jocelyne. 

En continuant avec le jargon, on apprend que le «peperu» dirige depuis l’arrière, le «faahoro» donne le rythme depuis l’avant, ou encore que le «tare» donne l’ordre de changer les rames de côté.

Entraînement intensif

Pour être à niveau, le club a déjà pris part en 2024 au Te Aito de Toulon.«C’était super intensif, mais on a beaucoup appris, ajoute Jocelyne. Quand nous sommes rentrés, nous avons carrément changé notre mode d’entraînement!» Et trouvé la coach idéale: la pointure mondiale Puatea Taruoura, qui vit en Suisse romande.

Ses conseils ne seront pas de trop en vue du Vendée Va’a fin mai aux Sables d’Olonne. «En petits Suisses, on s’est pré-inscrits sans trop d’espoir d’être retenus, ils ne prennent que 25 teams. Par chance, les organisateurs ont trouvé sympa le concept d’une équipe qui promeut le Va’a dans d’autres régions.» 

La pratique du Va’a reste toutefois confidentielle dans nos contrées, avec deux autres embarcations sur le Léman, à Thonon, et quelques-unes en Suisse allemande. Vincent et Jocelyne ne s’empêchent pas pour autant de rêver en grand. «Il faudrait créer une fédération suisse, lance Vincent. Ce serait une première étape en vue d’une participation aux Championnats du monde.»

www.thepaddleclub.ch

Sponsors recherchés

The Paddle Club a déjà fait l’acquisition de son deuxième V6, démontable et transportable, mais il se cherche un ou des sponsors. «Nous cherchons notamment à couvrir les 15’000 francs pour le bateau (11’000 pour l’achat, plus les accessoires, adaptation de la remorque, rames, etc.)», explique Vincent Marti. Différentes catégories de sponsoring sont proposées avec des contreparties adaptées (a minima le logo sur le bateau, mais aussi sur les équipements, ou des sorties sur le Léman, etc.).

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