Zwahlen & Mayr s’agrandit pour mieux repartir

Le fleuron chablaisien Zwahlen & Mayr a été repris par le conglomérat Bader et veut se relancer.  | DR/Zwahlen & Mayr

Aigle
En proie aux difficultés et repris en avril, le fleuron industriel chablaisien va de l’avant. Derniers signes de vigueur retrouvée: un propriétaire quasi unique et deux nouvelles halles à l’enquête publique.

Une année des plus mouvementées se termine sur des notes encourageantes pour le fleuron chablaisien Zwahlen & Mayr (ZM). L’entreprise basée en zone industrielle d’Aigle vient de mettre deux halles à l’enquête publique et va agrandir son site. Un premier signe de relance sur le terrain.

Pour rappel, le spécialiste des tubes soudés en inox pour de très grosses infrastructures – comme les stades du Mondial de football au Qatar – a enchaîné les actualités ces derniers mois. En grande difficulté depuis 2023, il a été repris en avril par le conglomérat vaudois Bader (recyclage, valorisation des matériaux et transport) à l’italien Cimolai pour 25 millions de francs. La société transalpine, elle-même empêtrée dans de mauvais investissements, avait l’obligation de se séparer de ses filiales dites «non stratégiques», dont faisait partie la chablaisienne. Dans la foulée, ZM était victime d’une escroquerie à 1,2 million de francs, comme relayé par plusieurs médias. Enfin, en septembre, la perte nette annoncée sur le premier semestre s’élevait à plus de 4 millions.

De 200 à 360 collaborateurs

Son nouveau propriétaire du Mont-sur-Lausanne n’en va pas moins de l’avant. Déjà actionnaire majoritaire depuis le printemps, Bader SA vient d’acquérir la quasi-totalité de Zwahlen & Mayr (96%), selon la presse économique romande. Elle avait lancé le 18 septembre dernier, via sa filiale Sitindustrie, une offre publique d’achat sur les titres restants.

Les ambitions de Bader SA sont du reste affichées depuis avril: passer les effectifs de 200 à 360 collaborateurs et investir près de 30 millions de francs pour regrouper ses activités de recyclage de déchets industriels pour la Suisse romande. Bader était déjà propriétaire depuis deux ans du site de retraitement voisin à ZM et y recyclait des chutes de cette dernière.

«Je suis convaincu qu’on peut garder ici une usine de tubes en inox «Swiss made» qui soit concurrentielle, grâce aux synergies avec les activités de notre groupe», assurait Jessy Bader, directeur général, en mars dernier à 24heures. L’entrepreneur de 28 ans est coadministrateur du groupe avec son frère et son oncle. La société Bader n’a pas répondu à nos sollicitations.