
À 10 ans, Lorenzo Fernandez Russo est déjà un as du Rubik’s Cube. Soutenu par sa famille et le Conseil des parents, il a participé à l’organisation de cette étape de la Swisscubing Cup en Veveyse. | J. Collet
Un cliquetis rapide et continu se mêle aux conversations dans la salle de gymnastique de Bossonnens. Ce dimanche, une huitantaine de participants, dont quinze nouveaux compétiteurs, se sont réunis pour s’affronter lors d’une étape de la Swisscubing Cup 2026, organisée sous l’égide de la World Cube Association.
Les joueurs, venus de toute la Suisse et de l’étranger, sont pour l’essentiel des préadolescents et adolescents. Le tournoi compte surtout des garçons, même si quelques filles sont présentes. En «speedcubing», la discipline qui consiste à résoudre le Rubik’s Cube le plus rapidement possible, l’âge et le genre n’ont pas d’importance.
L’idée d’un jeune Bossonnensois
Sur les tables, le classique Rubik’s Cube 3x3x3, inventé au milieu des années 1970, côtoie des variantes aux formes étonnantes, comme le Pyraminx, une pyramide, ou le Megaminx à douze faces, réputé pour sa complexité.
Comme ses camarades, Lorenzo Fernandez Russo peaufine ses gestes avant le début des épreuves. Concentré, mais impatient de commencer la journée, il affiche une décontraction qui traduit sa confiance en lui. L’idée de cet événement officiel revient au jeune Bossonnensois de 10 ans, soutenu par sa famille et le Conseil des parents, dont son père fait partie. «Il a quand même un peu de pression, tout le monde le connaît ici», souligne Antonio Russo.
Des centaines d’algorithmes à retenir
Au moment de se placer dans la zone de compétition, Lorenzo enfile un casque anti-bruit. «J’aime être dans ma bulle», confie-t-il. Pour résoudre le Rubik’s Cube 3x3x3 le plus vite possible, il faut connaître 70 à 80 algorithmes pour simplifier le cube, et plusieurs centaines pour devenir un expert.
Mélangé hors de la vue de tous, le casse-tête arrive dissimulé dans un récipient opaque. Une fois le cube dévoilé, le joueur dispose de quinze secondes maximum pour observer chaque face avant de déclencher le chronomètre tactile et de se lancer dans la résolution. Chacun a cinq manches pour remettre en ordre le plus rapidement possible les couleurs du cube. Seuls les trois temps intermédiaires servent à calculer la moyenne, le meilleur et le moins bon étant ignorés.
À titre d’exemple, la meilleure moyenne du 3x3x3 en Suisse est de 4,63 secondes, détenue par le Romand Richard Delacoste, tandis que le record mondial s’élève à 3,84 secondes et appartient à un Chinois de 8 ans.
Convivialité et passion
Chaque face tourne sur elle-même avec précision, les doigts glissent sur le cube, les enchaînements sont rapides, parfois trop rapides, et sous l’effet du stress, un geste maladroit peut coûter plusieurs secondes. C’est ce qui est arrivé à Jack, 13 ans, qui espérait améliorer son temps. Avec Matia, 12 ans, ces jeunes adolescents de Saint-Martin participaient pour la première fois à une compétition, encouragés par leurs parents.
«La sensation quand on manipule le Rubik’s Cube est incroyable», partage Matia. «J’aime la logique et apprendre de nouveaux mouvements», ajoute Jack. Tous deux apprécient l’ambiance bienveillante et respectueuse du tournoi, ainsi que la possibilité de rencontrer d’autres passionnés.
«Avant, le défi était simplement de résoudre le cube. Aujourd’hui, c’est de le résoudre le plus vite possible», analyse la maman de Matia. Au sein de la famille, le Rubik’s Cube s’est imposé comme une alternative aux écrans et permet à Matia d’occuper ses mains en plus d’être un challenge intellectuel. Du côté de Jack, il raconte avoir appris des enchaînements de mouvements à son père, mais celui-ci confie qu’il n’est pas assez rapide pour suivre le rythme de son fils.
Succès pour une première
Comme d’autres parents qui filment ou photographient leurs enfants pendant les épreuves, Antonio aime observer les phases de résolution du cube. «J’admire les participants qui le finissent en 45 secondes alors que d’autres le font en moins de 10. Ils ne se découragent pas et cherchent à progresser, même de quelques dixièmes de secondes», explique-t-il, impressionné par leur persévérance.
Face à l’engouement suscité par cette première édition, le Bossonnensois se prépare déjà à renouveler l’expérience en 2027. Le bénéfice du stand de restauration, tenu par la Société pour les enfants des écoles avec le soutien du Conseil des parents, servira à financer les activités extrascolaires.
