Le mystère des petits bancs est résolu

Grâce à Lucien Pirsch, il est possible de s’asseoir pour attendre.  | DR

Corseaux
Depuis quelques mois, des banquettes et des sièges ingénieux sont installés en catimini à des arrêts de bus. Rencontre avec leur créateur.

Le premier est apparu un beau matin, au chemin de la Maraîche. Au fil des mois, d’autres sièges artisanaux ont agrémenté quatre arrêts de bus, assortis de sondages manuscrits interrogeant les usagers: «Suffisant ou banquette à deux places à faire?», lisait-on en décembre à l’arrêt Félix-Cornu, où un siège pliable venait d’être fixé à la barrière. Quelques jours plus tard, un second siège, ainsi qu’un «petit coussin réversible, confort normal», sont venus compléter l’installation.

L’auteur? Assurément très discret, mais un nom circulait au conditionnel: celui d’un certain Monsieur Pirsch, que nous avons pu contacter. «C’est bien moi, Lucien Pirsch! Je suis à la retraite et j’aime créer des choses. Ce sont des bricoles, mais ça m’occupe et ça rend service aux gens», résume-t-il. Comment l’idée lui est-elle venue? «Un voisin a dû rendre son permis de conduire en raison d’un problème de vue, et je le voyais souvent debout à attendre à l’arrêt de bus en face de chez nous. Je me suis dit: je vais faire quelque chose pour qu’il puisse attendre de façon plus confortable!»

À bien plaire

Le savoir-faire de ce ferblantier de formation, qui a exercé différents métiers, ne se limite pas à fabriquer des banquettes. Dans l’appartement où il vit avec son épouse, ses réalisations font partie du décor: pendules, sculptures en bois, siège inclinable à télécommande, lampe à abat-jour en lévitation magnétique, objets lumineux à variations chromatiques… «Tout est réalisable. Ce qui me plaît, c’est de trouver le truc!», jubile le retraité, qui déploie aussi son talent en dessins et caricatures, et aime offrir ses créations à ses amis ou voisins.

Du côté de la Commune, les petits bancs de Lucien Pirsch sont tolérés à bien plaire. «L’initiative est sympa et humaine, et elle est appréciée», commente Didier Siegfried, municipal chargé de la Police des constructions et des Travaux publics, qui garde un œil sur la sécurité des usagers. «La banquette qu’il avait mise à l’arrêt du bus du collège, adossée à une barrière de protection, créait un risque de chute quand les enfants grimpaient dessus. On l’a donc déplacée dans la cour d’école.» 

L’édile rappelle que l’aménagement et l’entretien des arrêts de bus font partie des tâches de la Commune. «À nous, donc, d’installer des bancs là où cela est possible, comme on va le faire à l’arrêt Maraîche.»

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