
Après une législature en tant que municipal Avançons-Ouverture, Michael Dupertuis est devenu syndic de Bex le 1er juillet. | K. Di Matteo
On le cherche dans son nouveau bureau de syndic, mais il a élu domicile au sous-sol, au frais. Michael Dupertuis y déroule son parcours de tout juste quadragénaire, celui d’un hyperactif au plaisir immodéré pour les nouveaux défis. «Même si j’apprends à dire non.»
S’il est à moitié bellerin, ses 50% ormonans ont prévalu durant sa jeunesse et les étés au camping des Mosses. En 2013, il quitte Lausanne pour Les Dévens, un hameau de Bex. «Je ne pouvais plus vivre en ville. Ici, entre les paysages et des gens merveilleux, c’était parfait. Mes deux filles (ndlr: 12 et 9 ans) sont nées dans cette maison.»
Il a l’âge de son aînée, en 1999, lorsque le virus de la politique le contamine. «L’année du naufrage du pétrolier Erika. Les plages bretonnes toutes noires, les animaux qui crevaient, les gens qui essayaient de les sauver… De là ma sensibilité écologique, ce qui m’a valu quelques discussions animées à la maison.» Son adhésion aux Verts de Lausanne fait toutefois long feu. «Un peu trop extrémistes pour moi.»
Le jeune adulte fait son apprentissage d’électronicien chez Bobst, puis enchaîne, en parallèle de son emploi, avec l’École d’ingénieurs en cours du soir. À 22 ans, il crée avec des amis la start-up Ecowizz. La société, qui propose une technologie de gestion de la consommation énergétique des ménages, a notamment les faveurs de l’État de Genève, avant de sombrer dans les méandres des décisions politiques. «Une expérience qui m’a altéré lourdement dans ma santé.»
En 2012, il rencontre Isabelle Chevalley en train de fonder le parti des Vert’libéraux vaudois. «J’ai été secrétaire général du parti de 2016 à 2021. J’ai adoré le côté «start-up», où tout était à faire.»
Passion brassicole
Entre-temps, la brasserie de la Mine, qu’il a contribué à lancer, a commencé à fermenter ses bières dans une petite cave non loin des Dévens et les mousses s’arrachent au point que le projet de brasserie-restaurant actuel, à l’autre bout du village, s’amorce. C’est l’heure des choix pour le conseiller communal promis à un siège de municipal. «Je n’avais pas planifié d’être élu, admet-il, surtout pas aussi bien… Je me suis résolu à fermer ma société de consulting en énergie pour me consacrer à mon mandat politique et à la nouvelle brasserie (ndlr: dont il est président du Conseil d’administration).»
De municipal un peu par accident en 2021, le voilà syndic tout à fait assumé depuis le 1er juillet. «Je suis prêt, motivé et légitime, étant donné que nous sommes trois d’Avançons-Ouverture à l’Exécutif. J’y sens une belle énergie et je veux insuffler une nouvelle dynamique, avec un travail plus transversal entre municipaux et services.»
