
Jonathan Miguel, chargé de communication de Bossonn’Art, au pied de la tour sud des vestiges du Château de Bossonnens. | J. Collet
À Bossonnens, les vieilles pierres continuent de raconter des histoires. Celle d’un château médiéval, mais aussi celles des artistes qui investissent ses vestiges pour y exposer leurs œuvres. Du 28 août au 19 septembre prochains, Bossonn’Art célébrera sa 10e édition, ainsi que les 15 ans de son association, en faisant à nouveau dialoguer patrimoine et création contemporaine.
«Pour cet anniversaire, on accueille 52 artistes, dont 38 sculpteurs et 14 peintres. En termes d’œuvres, on en compte environ une quarantaine, une majorité spécialement créées pour l’événement», détaille Jonathan Miguel, chargé de communication.
Un nouvel espace
Cette année, les peintres seront exposés dans un cabanon en bois protégé, baptisé «Box’Art». Chaque semaine, du mercredi au dimanche, cinq d’entre eux s’y succéderont, proposant des univers variés et renouvelés. Les sculptures, quant à elles, prendront place sur l’ensemble du site des vestiges du château.
«On a identifié quatre axes qui inspirent les artistes, explique Jonathan Miguel. Il y a d’abord le lien avec l’histoire, à travers les ruines et le sentier didactique mis en place par l’Association des vestiges médiévaux de Bossonnens. L’écologie est aussi un élément important, avec la volonté de réutiliser des matières et de travailler à partir d’éléments recyclés. Les artistes puisent également dans l’atmosphère particulière du lieu et cherchent parfois à jouer sur les contrastes.»
À proximité de l’entrée, «Gros Œuvre», une création en deux parties du Bernois Éloi Gigon, lauréat du Prix Bossonn’Art 2025, dialoguera avec le site en s’étendant entre la muraille et le champ en contrebas. Tout près, le Berlinois Matthias Pabsch investira les deux meurtrières du grand mur du vestige avec «Bioscapes», une œuvre composée de deux sculptures en plexiglas coloré rétroéclairées.
Magie nocturne
Investir un monument historique impose aussi certaines contraintes. Tout ce qui est installé doit pouvoir être démonté sans laisser de traces ni endommager le site. L’éclairage nocturne, réalisé en partenariat avec Morat Lumières, représente notamment un défi de taille. «Ce sont des mètres et des mètres de câbles», décrit le chargé de communication. Mais cette contrainte devient aussi une force, car «peu de manifestations proposent une mise en lumière dans un écrin pareil. De nuit, la perception des créations change totalement».
Du château et du bourg datant du XIIe siècle ne subsistent aujourd’hui que quelques murs et fondations. La tour ronde, à l’extrémité sud, est toutefois encore bien visible. Les premiers travaux d’entretien remontent à 1996, avant que la Commune n’acquière la parcelle en 1998. «Il ne reste pas grand-chose. Les pierres ont notamment servi à construire une grande partie de l’ancien bourg aux XVIIIe et XIXe siècles», raconte François Berthoud, président de Bossonn’Art.
Diversité artistique
Certains artistes revisitent l’imaginaire rural du site, comme le Fribourgeois Dominique Andreae avec «Couple d’autruches avec leurs petits», une famille d’oiseaux stylisés réalisée à partir de matériaux de récupération industrielle. L’Artmailliste d’Attalens (Gérald Chevalley) propose quant à lui «La Poya arc-en-ciel», une œuvre monumentale de près de dix mètres composée d’une vingtaine de vaches en bois que le public pourra déplacer à sa guise.
«Il y a des artistes fidèles qui reviennent à chaque édition. Mais pour continuer à promouvoir la diversité, l’équipe artistique part aussi à la rencontre de créateurs que nous n’avons encore jamais accueillis. Cette année, nous avons notamment une belle représentation outre-Sarine, avec Claire Ochsner, qui vient de Bâle, ou encore Pavel Schmidt, qui vit à Soleure et a une renommée internationale», souligne Jonathan Miguel. Le programme s’annonce riche et rappelle que, depuis le XIIe siècle, le site continue d’écrire son histoire.
Plus d’infos: bossonnart.ch
«Bossonn’Art», du 28 août au 19 septembre, sur le site des vestiges du Château de Bossonnens. Entrée libre. Le parcours est accessible à tous. Les visiteurs sont invités à privilégier les transports publics, le stationnement étant limité.
Plusieurs rendez-vous rythmeront cette édition. L’exposition ouvrira ses portes le 28 août avec un afterwork et un concert d’Elsandy. Le 3 septembre, un concert spécial anniversaire accueillera Phanee de Pool. L’inauguration officielle aura lieu le 4 septembre en présence des artistes, partenaires et autorités, avec un concert de Damidan. Le 10 septembre, les auteurs Nicolas Feuz et Marc Voltenauer donneront une conférence suivie d’une séance de dédicaces autour de leur nouveau livre «Imperium». Le finissage se tiendra le 19 septembre.
