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Blonay et Chailly subissent les « bouchons du vendredi »

Au cœur de Blonay, le trafic est parfois congestionné durant plusieurs heures en direction de Montreux.   | R. Brousoz

Trafic
Depuis plusieurs années, les deux villages de la Riviera sont paralysés à chaque veille de week-end. En cause: les nombreux automobilistes qui sortent de l’autoroute à Châtel-Saint-Denis pour la reprendre à Montreux.

«Douceur de vivre», vante le slogan de Blonay… Pas les vendredis soir, en tout cas. Car voilà plusieurs années qu’à chaque veille de week-end – et plus particulièrement en hiver – le centre du village est noyé sous le bruit des moteurs et les gaz d’échappement. Sur l’étroit tronçon de la route cantonale qui traverse le bourg, c’est un incessant cortège de voitures qui roulent au pas en direction du Valais et des Alpes vaudoises.   

Le défilé débute généralement en fin d’après-midi et peut durer plusieurs heures, paralysant la circulation. En plus des plaques vaudoises, on aperçoit des plaques fribourgeoises, alémaniques, allemandes, belges ou hollandaises. «Ce sont tous les véhicules qui sortent de l’autoroute à Châtel-Saint-Denis afin d’éviter les bouchons sur le <toboggan> et l’échangeur de La Veyre», expose Georges Tauxe, habitant de Blonay. «Ils reprennent ensuite l’autoroute à Montreux-Chailly.» Un «raccourci» qui leur est sans doute proposé par leur GPS.   

Les clients désertent

Il est environ 18h ce vendredi 16 janvier. Le long bouchon bat son plein. «Et c’est le creux de janvier. Il faut voir ce que c’est durant les périodes de vacances!», témoigne Michel Liaudat, l’intendant du Château de Blonay. Les files remontent parfois le long de la route de Châtel-Saint-Denis, en amont du village. «Pour les riverains, c’est difficile de s’engager dans le trafic. Et c’est aussi le cas pour certains agriculteurs qui doivent emprunter cet axe avec leurs tracteurs.» Le Blonaysan constate que le phénomène s’est particulièrement développé depuis la pandémie. L’abonnement Magic Pass, lancé en 2017, est aussi mis en cause par certains.

Une paralysie qui n’est pas sans conséquences sur l’activité commerciale. «La majorité des commerçants que j’ai sondés y voient une corrélation avec un désintérêt de la part de la clientèle, constate Alexandre Grandjean, président du Groupement des commerçants et artisans de Blonay. Des gens évitent les vendredis, ils préfèrent venir un autre jour.»

Municipalité trop «laxiste»?

Ras-le-bol aussi à Chailly. C’est ici qu’aboutit une partie des véhicules après leur «escapade» de 12 kilomètres, avant de retourner sur l’autoroute. «C’est devenu clairement insupportable», soupire Samuel Roch, président de l’Association des intérêts de Chailly. «Le problème est connu depuis des années, dit-il. Pour sortir de chez nous, on doit faire la file comme les autres. On est bloqués dans notre village! Certains habitants prennent même l’habitude de laisser leurs véhicules en dehors de Chailly pour pouvoir partir.» 

Selon cet élu PLR, une des pistes résiderait dans la modification du carrefour de Chailly, situé aux abords de la bretelle d’autoroute. «Les feux de circulation sont complètement obsolètes. Le système est basique, il ne permet pas une optimisation en fonction des horaires.» Et le président de reprocher à la Municipalité de Montreux «un certain laxisme». «Chaque année, on nous promet que le carrefour sera amélioré. La première fois qu’on nous en a parlé, c’était en 2018…»

D’abord un 30 km/h

«Un premier projet datant de l’ancienne législature a été rejeté par le Canton», informe Florian Chiaradia, municipal montreusien chargé du dossier. «Ensuite, un réaménagement du secteur Chailly-Saussaz était prévu dans le cadre des Grands-Prés. Mais après le refus populaire, le projet a dû être revu et a été inscrit dans le projet d’agglomération PA5, qui permettra d’obtenir des subventions fédérales.» Sa réalisation est planifiée à l’horizon 2028-2032.

«En juillet 2025, nous avons déposé à la DGMR un projet d’abaissement de vitesse à 30 km/h pour le bourg de Chailly, nous sommes en attente d’une validation.» Selon l’édile, une telle mesure pourrait aussi rendre l’itinéraire «moins attractif» aux yeux des algorithmes de Google. «Car nous n’avons pas d’influence possible sur cette entreprise pour dévier des itinéraires.»

Deux questions à la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR)

La situation de Blonay et Chailly n’est pas sans rappeler celle de certains villages du Chablais vaudois, noyés sous le flux des skieurs le dimanche soir. À tel point qu’en février 2025, le Canton a interdit le trafic de transit au cœur d’Yvorne. Une telle mesure peut-elle être décidée pour la route cantonale entre Châtel‑Saint-Denis et Chailly?
- Non, les routes cantonales doivent répondre à des objectifs de transit en complément du réseau autoroutier. Fermer une route cantonale dans ce contexte reporterait le trafic sur le réseau subordonné, à savoir dans les zones d’habitations et les quartiers.

Des contacts ont-ils été pris avec l’entreprise Google afin de faire modifier les GPS, une des sources probables de ce problème?
- En tant que collectivité publique, le Canton n’a pas la possibilité d’imposer à des services privés comme Google une modification des itinéraires proposés aux usagers. Ces plateformes utilisent leurs propres algorithmes pour calculer les trajets, en fonction du trafic ou d’autres critères.