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«Je veux encore croire à la Coupe du monde»

Le Damounais Gaël Zulauf a remporté sa première victoire en Coupe d’Europe le 18 janvier dernier en Autriche. Il a devancé le Français Ken Caillot et l’Allemand Felix Roesle.  | DR

Ski alpin
Le coureur de Château-d’Œx vient de remporter sa première descente en Coupe d’Europe. Il a ensuite confirmé en terminant deuxième ce lundi en Super-G. De quoi viser plus haut tout bientôt?

Cette première victoire à Pass Thurn en Autriche, lors de votre 5e saison en Coupe d’Europe, c’est un soulagement?

– Oui, je suis très content. La course a suivi une longue pause due à des annulations. Je connais bien cette piste très joueuse, alternant un début assez plat et des parties plus raides, puisque j’y ai déjà décroché deux de mes quatre premiers podiums en Coupe d’Europe. La station est reliée aux remontées mécaniques de Kitzbühel. Au niveau international, c’est mon meilleur résultat depuis ma médaille de bronze aux Mondiaux juniors 2021 à Bansko en Bulgarie.

Le déclic pour vous hisser enfin en Coupe du monde, après la désillusion de la saison dernière?

– Oui. En fin de saison, alors qu’il ne restait qu’une course en Norvège, j’étais quatrième à un point du troisième au classement général de la descente, le podium valant un ticket pour une saison entière en Coupe du monde. Or cette dernière course a été annulée, une immense frustration pour moi. Je suis un peu victime de la période faste que connaît notre équipe nationale de descente. Actuellement, les huit meilleurs suisses figurent tous dans le top 30 de la discipline en Coupe du monde, le contingent est complet! Le podium de la Coupe d’Europe constitue la seule alternative pour accéder au plus haut niveau. Cette saison, j’ai dû repartir de zéro.

La Coupe du monde, vous en avez déjà eu un avant‑goût la saison dernière en héritant provisoirement de la place de Niels Hintermann, touché dans sa santé.

– Oui, j’ai disputé quatre descentes, à Crans, Bormio et deux à Kvitfjell en Norvège, où j’ai obtenu mon meilleur classement, 37e à 14 centièmes du 30e, ce qui est plutôt encourageant.

À 25 ans, vous croyez encore à une place fixe en Coupe du monde?

– Bien sûr. Aujourd’hui, certains des meilleurs descendeurs sont très jeunes comme Franjo von Allmen qui a une année de moins que moi. Mais, voilà quelques saisons, la majorité des leaders avaient dans la trentaine. La descente réclame normalement beaucoup d’expérience.

Deux de vos jeunes ex-coéquipiers Livio Hiltbrand (22 ans) et Alessio Miggiano (23 ans) ont eux obtenu le fameux sésame pour cette saison.

– Oui, et Alessio a réussi des débuts super avec une 5e place à Val Gardena, ce qui est motivant. L’écart n’est pas si grand avec l’échelon supérieur.

Vous êtes très lié avec le Châtelois Alexis Monney, qui forme le trio magique de la descente suisse avec Odermatt et von Allmen.

– Nous avons le même âge (ndlr: Alexis Monney a 26 ans) et avons quasi tout partagé depuis que nous sommes ados. Nous avons d’ailleurs fait ensemble les quatre mois de l’école de recrues à Macolin. On faisait aussi chambre commune lorsqu’à Bormio, Alexis a remporté sa première victoire en Coupe du monde alors que moi j’y faisais mes débuts. Lors du Super G des derniers championnats suisses à Zinal, nous avons fini 3e à égalité. C’est un très bon copain. Si beaucoup de super talents n’arrivent pas à percer au plus haut niveau, Alexis l’a fait! Calme et méticuleux, il a toujours su exactement ce qu’il voulait. Tout jeune déjà, il avait cet incroyable feeling sur la neige.

Qu’aimez-vous dans la descente, la discipline reine du ski?

– Dévaler des pentes à 130‑140 km/h ponctuées de sauts de 40 mètres, c’est de l’adrénaline pure!

Comment est l’ambiance dans cette antichambre peu connue qu’est la Coupe d’Europe?

– C’est une étape obligée, tout le monde est passé par là. Il y a beaucoup de jeunes entre 20 et 25 ans, mais aussi des coureurs plus aguerris qui, ayant perdu leur place en Coupe du monde, espèrent s’y relancer, comme le Martignerain Arnaud Boisset cette saison. Le public parsemé est principalement composé de parents, de familles. Et en dehors de quelques retransmissions sur Internet, il y a très peu de visibilité.

Financièrement, vous arrivez à vous en sortir?

– Ma région est très généreuse avec moi, j’ai de la chance. Plusieurs entreprises du Pays-d’Enhaut me soutiennent. Le cousin de ma maman qui a beaucoup de contacts m’aide à trouver des sponsors. J’arrive à tourner, mais sans rouler sur l’or. Une fois le ski fini, je devrai évidemment recommencer à travailler.

Le domaine skiable de Château-d’Œx où tout a commencé pour vous est fermé depuis plusieurs années. Un crève-cœur? 

– J’y ai passé toute mon enfance, des super années! On faisait les fous avec les copains tout l’hiver à la Braye. Alors forcément, j’y reste attaché. Je sais qu’un projet existe pour relancer les remontées mécaniques. Mais à cette altitude (958 m), toutes les stations sont menacées.

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