La «Maison des Amériques» pas abandonnée

En gris, la Maison Saint-Victor, qui devait accueillir le Musée de la «Maison des Amériques».  | Association Maison des Amériques

Châtel-Saint-Denis
La création d’un musée sur l’émigration de la Veveyse vers l’Amérique est à l’arrêt. L’association poursuit néanmoins son développement.

Le Musée de la «Maison des Amériques», consacré à l’émigration de la Veveyse vers l’Amérique latine, devait voir le jour à la Maison Saint-Victor à Châtel-Saint-Denis. Aujourd’hui suspendu, le projet reste néanmoins porté par l’association qui l’a initié.

«À l’unanimité, lors de l’assemblée générale, les membres ont choisi de maintenir l’association et son but, en acceptant que le projet se réalise ultérieurement», explique François Genoud, président de l’association, également préfet de la Veveyse.

Fonds bloqués

Initialement, le premier musée du district de la Veveyse aurait dû ouvrir en 2027. Alors que le projet semblait en bonne voie et que près de 1,6 million de francs avait été réuni, l’Établissement cantonal d’assurance des bâtiments a finalement renoncé à racheter la Maison Saint-Victor en juin 2025. Cette décision est intervenue dans un contexte marqué par plusieurs signaux négatifs émanant des autorités politiques, qui ont contribué à fragiliser la suite du projet.

«Il y a eu un concours de circonstances malheureux, avec notamment le soutien de 300’000 francs promis par l’État de Fribourg, inscrit dans le plan d’assainissement des finances cantonales en mai 2025», commente le préfet de la Veveyse.

En 2026, l’association poursuit ses activités malgré des moyens financiers limités. L’Association des communes de la Veveyse la soutient à nouveau à hauteur de 50’000 francs. Sa contribution devait ensuite s’élever à 900’000 francs répartis sur dix ans. «Ces fonds sont gelés, mais pas annulés. Ils resteront indisponibles tant que nous n’aurons pas reçu les fonds de l’État, car l’un ne va pas sans l’autre», explique François Genoud.

Perspectives ouvertes

Le groupe de travail pourra ainsi continuer ses recherches pour le projet, même modestement. «On verra si des perspectives se dégagent cette année, car il ne serait pas possible de fonctionner à minima pendant dix ans. Il faudrait que de véritables opportunités se présentent, que ce soit pour le bâtiment envisagé ou un autre lieu, sinon la situation sera compliquée», souligne le président de l’association.

L’association cherche à mobiliser de nouveaux partenaires pour relancer le projet, tout en conservant ceux déjà impliqués. Une évolution du concept reste envisageable, mais cette option n’est pas encore à l’ordre du jour.